Kazakhgate: nouvelle tuile pour la présidence de Francis Delpérée

La conférence des Présidents, qui regroupe les chefs des groupes politiques de la Chambre, s'est réunie ce mercredi midi. Elle s'est penchée sur de nouvelles informations à propos de Francis Delpérée (cdH), président de la commission d'enquête sur le Kazakhgate, qui remettent davantage en question son impartialité à la tête de la commission. 

Entendu comme témoin

Un nouvel élément, révélé au détour d'un article par le quotidien Le Soir, ravive en effet le problème et l'amplifie. Cet élément, c'est que Francis Delpérée a été entendu par les enquêteurs dans la phase d'information judiciaire. Le problème de conflit d'intérêt dans l'enquête parlementaire va donc bien plus loin que ce qui concerne l'Ordre de Malte, qui lui avait octroyé une décoration.

Problème plus large

Pour les cas où la commission parlerait de cet Ordre, il avait été convenu que Delpérée laisserait la place au vice-président et s'effacerait. Mais cette fois, le conflit d'intérêt va bien plus loin, et c'est sur l'ensemble de la loi sur la transaction pénale, soit l'essentiel du champ d'investigation de la commission d'enquête, qu'un problème pourrait se poser. 

La balle chez Benoît Lutgen

Ce jeudi, la commission d'enquête sur le Kazakhgate doit se réunir et désigner ses experts, après une réunion du Bureau de la Chambre. Tous les partis présents en conférence des Présidents ont convenu aujourd'hui qu'il fallait aborder la présidence de Delpérée sous l'angle de cette nouvelle donnée. Le président de la Chambre, Siegfried Bracke, devra entendre Francis Delpérée.

Le cdH reverra-t-il son point de vue en proposant un autre président? La balle est dans le camp de son président Benoît Lutgen.

Au siège du cdH, on estime que "le monde marche sur sa tête. Francis Delpérée a été l’un des rares à s’étonner de l’adoption de la loi sur la transaction pénale, il en a fait part aux enquêteurs, et maintenant, cela se retourne contre lui. Un comble".

Je suis témoin d'un incendie. Crier 'Au feu! ', ne fait pas de moi l'auteur de l'incendie

"J'ai été, avec d'autres, un témoin privilégié, non pas du kazakhgate, mais du processus parlementaire en cours à l'époque. Je l'ai répété dès l'installation de la commission d'enquête, insistant sur le travail d'introspection que nous aurions à mener", explique Francis Delpérée. "Je redirai, le moment voulu, ma perplexité devant la commission".

Aujourd'hui, l'ex-sénateur dit avoir le sentiment d'être devenu la cible. "Je suis témoin d'un incendie. Crier 'Au feu! ', ne fait pas de moi l'auteur de l'incendie", réplique-t-il.

La cheffe de groupe cdH Catherine Fonck a de son côté été claire. "A titre personnel, quand on n'a pas la confiance d'une commission, c'est vraiment très compliqué de la présider", a-t-elle dit.

Après les Verts, Olivier Maingain (DéFI) a lui estimé que la commission Kazakhgate "ne peut être présidée par un parlementaire qui a dissimulé une information quant à son rôle dans l'enquête pénale, même si, selon lui, il n'a été entendu que comme témoin". Olivier Maingain invite Francis Delperée à "en tirer les conclusions". Pour le chef de groupe N-VA Peter De Roover, l'affaire est entendue: "Delperée doit partir".

Pour le député Eric Massin (PS), "au vu de ces nouveaux éléments portés par les médias à notre connaissance, si Francis Delperée maintient sa position, il doit savoir qu'en dehors du volet 'nationalité' des travaux de la commission, on lui demandera très souvent de céder son siège de président..." Il est "impératif pour notre groupe - et pour la crédibilité de cette commission d'enquête qui doit se pencher sur un dossier extrêmement sensible - que le président de cette commission ne puisse à aucun moment être soupçonné d'une quelconque partialité", avertit le député.

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