Kazakhgate: "Michel père et fils, Reynders et Chastel trouvent cela normal"

Kazakhgate: "Michel père et fils, Reynders et Chastel, trouvent cela normal"
Kazakhgate: "Michel père et fils, Reynders et Chastel, trouvent cela normal" - © Tous droits réservés

Ce mercredi au micro de Matin Prem1ère, Bertrand Henne recevait Georges Gilkinet, député fédéral Ecolo, à propos de l’affaire De Decker-Chodiev, plus connue sous le nom de Kazakhgate.

Une affaire qui trouve ses origines en 2011. À l'époque, Armand De Decker (MR), bourgmestre d’Uccle, est soupçonné d’avoir fait pression auprès de ses pairs députés afin de faire voter la loi sur la transaction pénale. Pourquoi ? Parce qu’il défendait, en tant qu’avocat, le milliardaire d’origine kazakhe et naturalisé belge, Patokh Chodiev, qui évitera dans la foulée, in extremis, un procès retentissant. 

Le Belgique blanchisserie de l'Elysée?

Une situation qui se complique au fil des mois pour Armand De Decker, puisqu’il semblerait que l’avocat-bourgmestre ait touché une somme importante pour ce "lobbying".  Un "lobbying" directement piloté par Nicolas Sarkozy, alors président français, et impliqué dans des négociations pour la vente d’hélicoptères et de nucléaire au Kazakhstan.

La Belgique a-t-elle donc été la blanchisserie de l’Elysée afin de permettre aux Français de vendre leurs hélicoptères ? Pour Georges Gilkinet, il n’y a pas de doute, les faits se précisent et le conditionnel n’est plus vraiment de mise. " Armand De Decker a influencé les trois pouvoirs. Le législatif, le gouvernement et la justice. Les faits étaient trop graves pour bénéficier d’une transaction pénale, et pourtant ce fut le cas. " Un faisceau d’éléments publié par plusieurs médias (Médiapart, Le Soir, Le Monde…) tendent d’ailleurs à corroborer cette thèse.

Il s’agit d’une véritable affaire d’Etat

Car selon les Verts, un juge aurait accepté une transaction pénale dans le dossier Chodiev alors que la loi initialement votée n’était pas suffisante étant donné la gravité des faits reprochés au milliardaire kazakh, faux et usages de faux, blanchiment d’argent… " Il s’agit d’une véritable affaire d’Etat, c’est la raison pour laquelle nous souhaitons une commission d’enquête parlementaire. Un Etat voisin, la France, influence l’adoption d’une loi en Belgique, au nom d’intérêts privés au Kazakhstan. "

Une loi adaptée et étendue par la suite, cassée par Cour constitutionnelle pour qui il n’était pas normal d’arrêter une enquête à la veille d’un procès en payant une somme d’argent, sans possibilité pour le juge d’interjeter appel. "Il y avait une forme d’urgence politique. Et n’oublions pas que lorsque la transaction pénale a été décidée, la loi n’avait pas encore été étendue", précise le député fédéral.

Michel père et fils, Reynders et Chastel, trouvent cela normal

En arrière-plan, c’est la question des conflits d’intérêts des parlementaires que soulève ici Ecolo. " Bourgmestre, sénateur et en même temps lobbyiste, pour moi il y a une incompatibilité évidente. Dans n’importe quel parti son sort serait déjà réglé. On lui aurait demandé de faire un pas de côté. Michel père et fils, Reynders, Chastel, trouvent cela normal. "

Cette loi sur la transaction pénale a-t-elle instauré une justice de classe dans notre pays ? Georges Gilkinet le pense car "Le fait que des affaires ne puissent pas aboutir, que l’on puisse racheter sa faute jusqu’au dernier moment et éviter un procès. Je voudrais entendre l’avocat général de l’époque, les juges, afin de comprendre pourquoi ils ont accepté une transaction illégale."  

Et de terminer avec cette formule: "Ne plus uniquement s’attaquer aux voleurs de pommes, mais aussi aux fraudeurs à grande échelle". La campagne pour les prochaines élections a déjà commencé. 

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