Kazakhgate: la Princesse Léa charge Armand De Decker

Alors qu'il l'a toujours nié, Armand De Decker pourrait bien être derrière les 25.000 euros versés à une association de scouts et qui impliquerait un magistrat de la cour d'appel. Ces 25.000 euros qui ont poussé la justice à prolonger son enquête sur le Kazakhgate et à transférer le dossier au parquet général. Aujourd’hui la Princesse Léa de Belgique l’affirme, Armand De Decker connaissait l’existence de ce versement et était même à la manœuvre.

Mais pour bien comprendre, revenons d’abord sur ce versement. En janvier 2012, soit sept mois après que Patokh Chodiev ait signé la transaction pénale lui permettant d’échapper à une condamnation, l'avocate de Chodiev verse 25.000 euros au Fonds d’Entraide Prince et Princesse Alexandre de Belgique, la fondation de la Princesse Léa de Belgique. L’argent ne fait que transiter par le compte de la fondation princière, puisqu’en mars 2012, la somme est reversée à une autre association, Amitié et Fraternité Scoute. Ce qui interpelle les enquêteurs, c’est que cette association est présidée par Jean-François Godbille, avocat général à la cour d’appel de Bruxelles. Problème : c’est au niveau de la cour d’appel de Bruxelles qu’a été négociée la transaction pénale de Chodiev. De quoi éveiller les soupçons et se demander si cet argent est un simple don, ou un cadeau pour service rendu.

Le témoignage de le Princesse s'ajoute à celui de l'avocate de Chodiev

Afin d’y voir plus clair, nous avons contacté la Princesse Léa de Belgique. Celle-ci refuse de nous accorder une interview télévisée ou radio mais tient à nous donner des explications sur le versement et nous autorise à relater ses propos. Voici donc ce qu’elle nous explique sur ce don de 25.000 euros : "Armand De Decker m’a prévenue que l’Ordre de Malte allait nous faire un don et m’a précisé que nous devions reverser cet argent à l’association Amitié et Fraternité Scoute. " Et lorsque nous lui demandons si cela n’a pas éveillé ses soupçons, elle répond " Ce n’est pas habituel, mais je connais Armand De Decker, j’ai confiance en lui, il a été président du Sénat. J’ai donc effectué le versement. "

Avec ces propos, la Princesse Léa confirme en fait ce que les enquêteurs avaient entendu de la bouche même de l’avocate de Patockh Chodiev. : "Il m’a été demandé par Monsieur De Decker de 'faire un geste' en faveur de la Belgique auprès de la sœur du Roi " peut-on lire sur le PV d’audition de Catherine Degoul.

Armand De Decker nie en bloc

Armand De Decker a pourtant toujours nié être à l’origine du don fait au Fonds princier. Face aux enquêteurs, il a même démenti farouchement les propos de l’avocate de Chodiev : "C’est ahurissant. C’est proprement scandaleux. […] J’ignore les liens éventuels entre la Fondation et la Princesse Léa, d’une part et Madame Degoul d’autre part. En tout état de cause, je n’ai jamais demandé à Maitre Degoul de procéder à une telle opération financière. "

                        En savoir plus : Kazakhgate: quand Armand De Decker s'enfonce face aux enquêteurs

Aujourd’hui, sans le vouloir peut-être, la Princesse Léa charge un peu plus Armand De Decker. Elle pointe son rôle actif dans ce transfert d’argent et alimente les suspicions autour de ce qui semble de moins en moins être un simple don à une association.           

Kazakhgate: l'affaire Chodiev en 12 dates. De Kubla à De Decker, en passant par Sarkozy
Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK