De Decker qui défend Chodiev, "c'est comme si un parlementaire avait été l'avocat de Dutroux"

Olivier Maingain, président de DéFi
Olivier Maingain, président de DéFi - © THIERRY ROGE - BELGA

La Chambre va installer une commission d'enquête sur le "Kazakhgate", afin d'éclaircir les circonstances qui ont conduit à l'adoption en 2011 de la loi sur la transaction pénale, et le rôle joué à l'époque par Armand De Decker. Le président de DéFi Olivier Maingain est l'un des députés à l'origine de la création de commission. Interrogé par la RTBF, il estime que "quand on a les plus hautes responsabilités dans l'Etat (comme Armand De Decker en a assumées), il y a des actes que l'on n'accomplit pas, même en qualité d'avocat, et notamment pas au bénéfice de certaines catégories de citoyen. Je rappelle que monsieur Chodiev et ses comparses étaient poursuivis pour des délits graves (association de malfaiteurs, blanchiment d'argent et fraude fiscale); ce sont des mafieux notoires. On ne devient pas le représentant, même au titre d'avocat, de ce type d'individu. C'est comme si un parlementaire avait accepté d'être aussi l'avocat de Dutroux. On ne ternit pas l'autorité que l'on exerce comme mandataire public en acceptant des missions qui portent atteinte à l'honorabilité de sa fonction principale, qui est celle de mandataire politique".

"Confusion des genres"

Pour Olivier Maingain, il y a clairement eu "confusion des genres". C'est une affaire d’État, selon lui, "le point de départ est une demande qui vient de l'entourage de Élysée sous la présidence de Nicolas Sarkozy, qui voulait qu'on réponde à l'attente du président du Kazakhstan : faire en sorte que son ami Chodiev échappe à la sanction la plus lourde de la justice pénale belge. Et visiblement monsieur De Decker a participé à cette manœuvre".

Armand De Decker a dit qu'il n'avait jamais rencontré Patokh Chodiev. "J'ai été avocat. Prendre la défense d'un client qu'on ne rencontre jamais, c'est une prouesse que je parviens pas à imaginer" commente Olivier Maingain.

"Scandale d’État"

Le président DéFi avait voté pour la loi sur la transaction pénale, mais la question est "fondamentalement de savoir si on a voté ce texte afin d'obtenir un résultat dans un dossier aussi grave, c'est ça qui est inacceptable. Si la loi a été faite pour répondre à un cas particulier dans une négociation aussi obscure que celle que menait l’État français à l'époque avec le Kazakhstan, c'est un scandale d’État".

Cumul des mandat: "nettoyer le paysage politique"

A propos de l'épisode qui s'est joué la semaine autour de la législation sur le décumul des mandats des parlementaires wallons, Olivier Maingain défend une "proposition assez radicale: un mandat détenu par la volonté des électeurs l'emporte sur un mandat détenu par la volonté des partis (les mandats annexes – dans des intercommunales ou des organismes parapublics- qui sont distribués à la faveur des petites récompenses qu'il faut donner aux uns et aux autres): tout mandat qui n'est pas détenu par la volonté des électeurs, pas de rémunération, pas d'avantage quel qu'il soit! Vous verrez que cela va nettoyer le paysage politique de manière radicale".

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