#Investigation : pénurie d'infirmiers… Attention danger !

Il y a plus d’un an, nous étions interpellés par le cri de colère et d’angoisse des infirmiers et infirmières belges. Mais qui leur prêtait attention ?

Puis le Covid est passé par là et chacun d’entre nous a senti dans sa chair et au fil de macabres décomptes à quel point nous avions besoin du personnel soignant. Alors pour #Investigation, au cœur de la pandémie et de nos hôpitaux, nous avons pris le pouls de ceux qui passent une bonne partie de leur vie à prendre soin de la nôtre.

Aux Urgences du Centre Hospitalier régional de Huy, c’est ce dévouement qui nous saute aux yeux. Avant de nous parler de sa fatigue, Géromine Vandenabelle, une jeune infirmière nous confie : "Moi, j’aime beaucoup mon travail, j’aime ce que je fais. Mais maintenant, on a peu de temps à accorder aux patients. On ne sait pas prendre le temps de leur parler, de bien s’occuper d’eux, de pouvoir vraiment les prendre en charge comme on voudrait les prendre en charge. On est toujours un peu divisé entre bien faire et aller vite parce qu’on a beaucoup de travail."

Aux côtés de Géromine, le Docteur Pascal Trinco, cardiologue et chef de service des Urgences. Il est inquiet. On manque d’infirmiers et d’infirmières. Il y a urgence : "C’est une catastrophe. Quand on annonce que l’on a 'X' lits Covid, qu’on peut en avoir 800, OK ! Mais s’il n’y a pas d’infirmières, on a des tables de nuit, mais pas d’infirmières. Donc clairement une pandémie en imaginant un tiers de personnel soignant en moins, ce sera catastrophique."

Notre enquête, nous amène à redécouvrir une étude du KCE, le centre d’expertise en santé publique. On y parle de ce manque de temps, du burn-out et des répercussions sur le patient.

Le KCE a interpellé le gouvernement. En toutes lettres, on lit dans le rapport que pour une pratique sûre, la norme internationale est de 4 patients par infirmier en journée. Or en Belgique : on compte plus de 9 patients par infirmier… Résultat : on parle de danger de mort. De nombreux patients sont exposés à un environnement dangereux. Le rapport conclut : les situations peu sûres doivent absolument être supprimées. C’est indispensable pour réduire le risque de mortalité dans les hôpitaux.

Aujourd’hui, pour les infirmiers, le ciel semble un peu se dégager. Le Covid aura permis ce coup de projecteur inespéré sur leurs revendications. A côté d’un fonds blouses blanches, les dernières négociations avec les politiques ont permis de dégager 600 millions d’euros, soit un milliard au total pour refinancer le personnel soignant.

Reste à trouver cet argent dans les moyens existants. Mais surtout Il ne faudrait pas faire de promesses que l’on ne tiendrait pas. Philippe Devos, le président de l’ABSYM, l’un des principaux syndicats de médecins prévient : "Il y a du personnel en souffrance qui paie le tribut, de ce jeu macabre entre différents politiques – c’est ce qui fait que les gens tournent le dos à une première Ministre."

 

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