#Investigation : transition énergétique à la belge, une véritable usine à gaz !

"Climacool"... Climat cool, vraiment !
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"Climacool"... Climat cool, vraiment ! - © Tous droits réservés

L’engagement de la Belgique est formel. Notre pays va réduire ses émissions de gaz carbonique de 55% d’ici 2030. Il s’agit d’un effort considérable. Mais nous n’avons pas le choix. Il faut urgemment lutter contre le réchauffement climatique et la montée du niveau des océans. Et pour y arriver, chaque geste compte !

Des gestes, nous allons tous devoir en faireIl y a toutefois une exception de taille. Elle concerne le secteur belge de la production d’électricité. Un secteur dont le bilan carbone risque d’exploser dans les années à venir à cause du recours massif au gaz naturel.

Pour comprendre ce qui nous attend, il suffit de regarder les statistiques officielles (Elia, 2020) des diverses filières de production d’électricité en Belgique. L’année écoulée est certes un peu particulière, la demande d’électricité a été moindre à cause de la crise Covid. Les centrales nucléaires ont, ainsi, été moins sollicitées qu’à la normale. Mais elles ont malgré tout assuré 39% du total. Il s’agit là, au même titre que pour l’éolien et le solaire, d’une production électrique qui ne rejette pas directement de CO2.

Autant de gaz carbonique que 4 millions de voitures

Pour ce qui est du gaz, sa contribution pour l’année dernière était de 34% de l’ensemble. Son bilan carbone est malheureusement très costaud (400 gr CO2 par KWh - données GIEC) soit 11 millions de tonnes de gaz carbonique, soit l’équivalent de ce qui sort de 3 millions de voitures à moteur thermique (15.000 km/an, kilométrage moyen parcouru en Belgique, 200 gr CO2/km).

Et des rejets de gaz carbonique il va y en avoir beaucoup plus encore, puisque le gouvernement fédéral a prévu, sauf revirement, d’arrêter tous les réacteurs nucléaires d’ici 2025 et de les remplacer par de nouvelles centrales… au gaz, financées par les impôts des citoyens.

D’ici là, la part de l’énergie éolienne devrait évidemment croître de quelques pourcents (essentiellement en mer du Nord). Toujours est-il que, dans cette équation, le gaz sera alors très largement majoritaire. Et, au total, il devrait rejeter dans l’atmosphère la même quantité de gaz carbonique que celle générée par près de 8 millions de voitures thermiques.

Pour rappel, il y a aujourd’hui 6 millions d’automobiles en Belgique. Et si, à moyen terme, ces véhicules à moteur à explosion sont remplacés par des versions électriques, il faudra bien en charger les batteriesCe qui nécessitera une augmentation de 20% de la production d’électricité au niveau national par rapport à 2020Puisqu’il reviendra essentiellement aux centrales gaz d’assurer le chargement de tous ces accumulateurs sur roues. On peut dès lors craindre le rejet de 8 millions de tonnes de CO2 supplémentaires rien que pour alimenter le parc automobile "vert".

Chaque geste compte ! ?

Et l’énergie renouvelable dans tout cela ? Sa part va progresser, c’est sûr. Mais avec pas mal d’obstaclesCar avec la fonte des subsides consacrés aux panneaux photovoltaïques, il y aura beaucoup moins de candidats pour en installer. Et du côté des éoliennes terrestres (toujours largement subsidiées), les nouveaux projets auront de plus en plus de mal à passer auprès du public.

Sur le plan technique, la filière d’électricité verte et renouvelable ne pourra guère faire de miracleCar son gros problème, c’est son intermittence. Pas de soleil, pas de vent, pas de courant ! Et cela varie énormément d’un jour à l’autreParfois, même, d’une heure à l’autre

En fait, la contribution du renouvelable au mix énergétique est souvent fort relative, voire très modeste. Ou alors, surabondante. Et dans ce cas, on ne sait trop quoi faire de tous ces kilowattheures, puisqu’actuellement rien de consistant n’est prévu pour les stocker. 

Cette production électrique excédentaire se retrouve ainsi bradée et parfois même vendue à des prix négatifs. En revanche, lorsque la contribution espérée du renouvelable fait défaut, il revient aux centrales au gaz (400 gr CO2/KWh) de turbiner plein pot pour éviter que le réseau ne s’effondre Et cela risque d’être encore bien d’avantage le cas dans les années à venir.

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