#Investigation: Des éoliennes de 150 mètres de haut bientôt près de votre maison ? Comment le savoir ?

A Verlaine, maison encerclée par le plus grand parc éolien de Wallonie.
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A Verlaine, maison encerclée par le plus grand parc éolien de Wallonie. - © Tous droits réservés

En terre wallonne, les éoliennes poussent comme des champignons. Elles sont actuellement au nombre de 450 et devraient au moins doubler d’ici 2030. C’est l’objectif du gouvernement wallon et de son Ministre de l’Energie Philippe Henry. Problème, la moitié des projets sont bloqués par les recours introduits par des riverains qui redoutent un changement radical de leur cadre vie.

Quelles sont leurs craintes ? Un parc d’éoliennes de 150 mètres de haut, ça modifie considérablement le paysage et cela entraîne aussi des nuisances sonores. Surtout la nuit. D’autant que la Région wallonne entend relever la limite de bruit nocturne, mesurée près des habitations. Cette limite va passer de 40 décibels à 43 décibels (en Flandre, le maximum admis la nuit ne peut excéder les 39 dB). Trois décibels, de plus cela peut paraître dérisoire. Pourtant cela correspond à un doublement de la puissance sonore. Et pour ceux qui ont le sommeil léger, cette différence vaut son pesant d’oreiller.

Le mystère de la carte cachée

Alors, vous qui rêvez de vous installer à la campagne pour y profiter d’un panorama dégagé et d’un environnement calme, comment être sûr de ne pas voir débarquer des éoliennes au bout de votre jardin ? Il y a pour ça une cartographie magique commandée par l’exécutif wallon en 2013.

Ce document regroupe toutes les causes d’exclusion à l’installation de champs éoliens. Cela va des mauvaises caractéristiques de vent, aux vétos de la force aérienne, en passant par la présence de réserves naturelles, de couches géologiques fragiles, d’un relief inadapté et d’habitations trop proches. Finalement, il ne reste que les quelques confettis verts que vous voyez sur la carte ci-dessus.

En dehors des taches vertes… Sauvés ?

Donc, le choix est simple. En dehors des taches vertes, il ne devrait pas y avoir de nouvelles éoliennes. Oui, mais il y a un " mais " ! Cette belle cartographie de 2013 a été rangée dans le fond d’un tiroir à la suite des réactions " vent debout " des habitants et des élus des communes se retrouvant sur les zones concernées. Là où les éoliennes ne seraient théoriquement bloquées par aucune exclusion, aucun recours.

Résultat, aujourd’hui, personne n’est plus sûr de rien. Les promoteurs éoliens n’ont pas l’assurance que leurs projets aboutiront facilement. Les habitants des campagnes ignorent quant à eux si leur environnement ne sera pas bouleversé du jour au lendemain. Sans compter que l’arrivée de telles machines à un impact sur la valeur des biens immobiliers.

Profits et pertes

Si l’agriculteur qui loue quelques arpents de terre au promoteur éolien se frotte évidemment les mains (15.000 euros en moyenne par an et par éolienne), en revanche le propriétaire d’une maison proche de ces mêmes éoliennes peut craindre une baisse de 15 à 30% de la valeur de son bien, selon les confidences de certains professionnels du secteur immobilier.

Du côté de Willy Borsus, le ministre wallon en charge de l’aménagement du territoire, on n’est pas sourd aux remarques des riverains, mais, selon le M. Borsus, il est encore trop tôt pour se prononcer sur cette question en l’absence d’étude détaillée.

Sur ce sujet sensible le son de cloche est tout autre lorsqu’on écoute lfédération des industriels des énergies renouvelables (EDORA). Fawaz Al Bitar, le Directeur général, est formel, la présence des éoliennes aurait un impact positif sur la valeur des biens immobiliers : " On se souvient que quand la tour Eiffel a dû être construite il y avait une levée de boucliers sur tout Paris. Ils ne voulaient pas voir cette tour devant chez eux. Maintenant je pense qu’il y a une fameuse plus-value quand on a un appartement avec une vue sur la Tour Eiffel !".

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