#Investigation: 4 ans de déradicalisation, des méthodes multiples et surprenantes

#Investigation: 4 ans de déradicalisation, des méthodes multiples et surprenantes
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Il existe en Belgique un nombre incroyable de techniques de déradicalisation. Pour le magazine #Investigation, nous avons décidé de nous pencher sur ces différentes méthodes, leur fonctionnement, leur efficacité…

Au lendemain des attentats, le politique promet de lutter contre la radicalisation. En 2017, la Fédération Wallonie-Bruxelles crée un Centre d’Aide et de Prise en Charge du Radicalisme et de l’Extrémisme Violent, le Caprev. Une équipe d’une dizaine de personnes encadre notamment des détenus condamnés pour radicalisme en espérant qu’ils ne basculeront pas, ou plus, dans la violence après leur libération. La méthode est psychosociale. Cependant, elle est loin d’être la seule.

22 méthodes

En Belgique, tous les niveaux de pouvoir ont subsidié de nombreuses associations pour prendre en charge des radicalisés. Résultat: aujourd’hui, plus de 20 structures encadrent des radicalisés en développant leur propre méthode. La religion est rarement au centre du programme. Certains privilégient les activités pédagogiques comme le théâtre ou la voile. D’autres, les entretiens psychologiques. Beaucoup mise sur la réinsertion.

En France, pendant 2 ans, l’anthropologue Dounia Bouzar, reconnue comme une des plus grandes expertes de l’embrigadement religieux, a travaillé avec les familles. Selon elle, sa méthode est la plus efficace, avec un taux de réussite de 85%. Elle affirme avoir sauvé 800 jeunes radicalisés français. Sauf que le gouvernement français a décidé de stopper la collaboration avec l'anthropologue, depuis qu'elle a fait appel à un repenti ex-djihadiste, qui témoignait devant les jeunes. Mais la méthode la plus surprenante, c’est un outil qualifié de révolutionnaire.

Un casque virtuel

Équipé d’un casque virtuel, le détenu se retrouve plongé dans un paysage paradisiaque, face à la mer. Ensuite, il rentre dans une maison. "On voit des avatars de nous-mêmes à différentes périodes de vie, explique Erwan Dieu, criminologue français et concepteur du projet. Il y a des sphères qui vont représenter la famille, la scolarité, la spiritualité… sphères que l’on doit replacer autour de notre avatar. L’objectif est de voir en quoi ces ressources pourraient se redévelopper à travers des choses concordantes avec la société", conclut-il. Ce projet pilote européen a été testé en France et en Italie. En Belgique, seuls 4 détenus de la prison de Lantin ont participé à ce projet, qui est loin de faire l’unanimité.

La Belgique ne déradicalise plus

Le référent en radicalisme, le Caprev ainsi que les services sociaux n’utilisent plus le terme "déradicalisation". "Déradicaliser est mission impossible", disent-ils, en précisant "qu’avoir une pensée radicale n’est pas illégal". Aujourd’hui, tous parlent de "désistance" ou de "désengagement de la violence". A ce jour, même si les expressions ont changé, aucune technique n’a encore été évaluée scientifiquement sur son efficacité.

Revoir l'émission #Investigation du 16 septembre

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