Dérives sectaires : accusations d'abus sexuels dans une école primaire de la région de Charleroi

Dans le cadre de notre enquête sur les dérives sectaires en Belgique, nous avons rencontré trois jeunes filles qui affirment avoir été abusées sexuellement par leur professeur dans une école de la région de Charleroi. Elles étaient en première et deuxième primaire à l’époque des faits. Une affaire qui concerne aussi une communauté religieuse soupçonnée d’être une secte.

Les témoignages qui suivent sont particulièrement choquants. Notre première rencontre a été celle de Pauline. Il a été très difficile pour elle de nous accorder cette interview mais elle a finalement tenu à le faire, inquiète de ce qui pourrait se passer aujourd’hui encore dans cette école. Voulant donner un maximum de poids à ses accusations, elle a décidé de témoigner à visage découvert.

Elle se souvient avoir été abusée sexuellement par son professeur pendant les heures de cours, devant toute la classe : "Chacune à son tour, on venait à son bureau et il nous mettait sur ses jambes. Il commençait par faire des caresses dans le dos avant de s’attarder sur notre poitrine, en dessous de nos sous-vêtements. Ensuite, il descendait et allait vers notre pantalon. Il l’ouvrait et mettait d’abord sa main au-dessus de notre culotte puis nous caressait avant de rentrer carrément sa main dans notre sexe".

Des propos glaçants confirmés par deux autres jeunes filles, également anciennes élèves de ce même professeur. Celles-ci ont préféré garder l’anonymat, n’ayant pas encore osé dire à leurs proches ce qu’elles ont vécu. Pour l’une d’entre elles, c’est d’ailleurs la première fois qu’elle en parle. D’après elles, ces abus étaient quotidiens. "Cet enseignant nous a volé notre innocence. Il a joué avec notre insouciance et le fait qu’on soit des enfants. Il savait qu’on n'allait rien dire et il jouait avec ça. Cet homme ne mérite pas d’être libre et d’être heureux".

Accusations de dérives sectaires

Avant de confronter cet instituteur à ces accusations, nous nous sommes renseignés sur l’Ecole de l’Alliance. Il s’agit d’un établissement reconnu et subsidié par la Fédération Wallonie-Bruxelles. Son pouvoir organisateur est "Diffusion de l’Evangile", une communauté religieuse accusée d’être une secte. Le fondateur de cette communauté, le pasteur Daniel Inslegers, devra prochainement se défendre devant un tribunal suite à de nombreuses accusations, notamment pour traite des êtres humains et escroquerie. 

Pour Pauline, à ces accusations doivent encore être ajoutées celles d’abus sexuels sur mineurs. Elle affirme que "Diffusion de l’Evangile" a eu une grande part de responsabilité dans ce qu’elle a vécu à l’Ecole de l’Alliance : "J’ai été voir le pasteur à l’époque. Je me rappelle que j’étais en train de jouer avec sa fille. J’en ai profité pour lui dire ce que m’avait fait cet instituteur. Il m’a répondu qu’il ne fallait pas le chercher. Il était donc au courant, il savait pour ces abus. Il aurait pu faire quelque chose pour que ça ne se reproduise plus et il n’a rien fait."

Plaintes classées sans suite

De son côté, le pasteur Daniel Inslegers réfute toutes ces accusations. En attendant, l’instituteur accusé d’abus sexuels est aujourd’hui devenu directeur de l’école. Nous lui avons proposé de répondre à ces accusations mais il a refusé, précisant que des plaintes ont étés déposées à la police et qu'un enquête judiciaire a abouti à un classement sans suite. Mais cette enquête pourrait être relancée. Car les jeunes filles qui portent plainte affirment avoir désormais de nouveaux éléments solides en suffisance.

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK