Voyager et travailler, le bonheur des nomades connectés

Nous voyageons en mode "Hors des sentiers battus" depuis 6 mois, reporters-voyageurs à la découverte de peuples isolés.
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Nous voyageons en mode "Hors des sentiers battus" depuis 6 mois, reporters-voyageurs à la découverte de peuples isolés. - © Tous droits réservés

Nous vivons "Hors des sentiers battus" depuis plus de 6 mois ! Loin de la vie quotidienne classique, nous voyageons et expérimentons un mode de vie nomade : travailler au gré de nos déplacements et des rencontres inspirantes. Un sac à dos, un peu de matériel, un brin de wifi et le tour est joué. Aujourd’hui plus que jamais, le monde est à portée de main et le travail à distance de plus en plus accessible. Une réalité qui inspire bon nombre d’entrepreneurs-voyageurs en quête d’expériences fortes, d’autonomie et de liberté.

Des années d’études pour décrocher un précieux diplôme sans garantie de trouver un job, des années de travail pour le même employeur en mode métro-boulot-dodo… Cela a beau être un peu caricatural, mais ce modèle ne séduit plus tout le monde aujourd’hui, spécialement ceux que l’on nomme les "millennials" (en gros, les moins de 35 ans, nés avec internet) plus prompts à investir dans une expérience de vie exceptionnelle que dans une carrière brillante ou l’achat d’une propriété.

Il faut dire que parcourir le monde est de plus en plus facile (multiplication des sites de réservation et de conseils, des portails de couchsurfing, de wwoofing ou de petits boulots à l’étranger). Et les réseaux sociaux titillent les esprits aventuriers à coup de paysages grandioses postés sur Instagram ou d’escapades inspirantes racontées sur Facebook.

Dans le Nord de l’Inde, nous rencontrons Ben au détour d’un petit chemin. Ce Britannique a choisi d’exercer autrement son métier dans l’informatique : "J’ai juste besoin d’un ordinateur et d’une connexion wifi et je peux travailler où je veux. Du coup, je partage mon temps entre le Sikkim (Nord de l’Inde) et Penang (Malaisie), mes deux endroits préférés sur terre".

En Colombie, Maël est volontaire dans un projet de vie communautaire axé sur la permaculture. Ce Français de 29 ans a laissé derrière lui sa vie "normale", il a pris le chemin du voyage il y a 4 ans déjà. C’est sur la route qu’il recherche son projet de vie et son activité professionnelle : "J’avais un travail assez sérieux comme ingénieur commercial dans une grosse société. Je travaillais dans un bureau, c’était la machine à produire et à créer de l’argent. Pour moi, ça n’avait pas de sens. J’aimerais développer une communauté en autosuffisance quelque part dans le monde, alors je multiplie les expériences pour me former".

L’avenir étant, par définition, inconnu et incertain pour nous tous, est-ce insensé d’ainsi miser sur l’intensité d’une vie au présent en phase avec ses rêves et ses idéaux ? En tout cas, ces choix de vie illustrent le nouveau rapport de la jeunesse avec le monde du travail et la carrière. Sur son blog, le sociologue belge Yves Patte parle de "Backpack entrepreneur" pour définir cette tendance : "Backpack Entrepreneur : celle ou celui qui entreprend des activités, sans plan de carrière défini, tel un promeneur, avec sur son dos, un sac de compétences qu’il/elle a pu acquérir dans ses activités précédentes. Synonymes : travailleur freelance nomade, chasseur-cueilleur d’activités."

A peine 30 ans et ce Belge est devenu un grand nom parmi les influenceurs sur internet, Johan Lolos vit de ses clichés de voyage, des photos partagées sur ses réseaux sociaux à plus d’un demi-million de "followers". En plus de son talent, son audace pour quitter les sentiers battus est aujourd’hui récompensée. "Le déclic est arrivé à Paris, je détestais l’ambiance d’agence et je n’imaginais pas bosser toute ma vie dans un bureau pour un patron. Je ne voulais pas vivre dans cette routine que la société nous impose, je suis donc parti en Australie pour un tour du monde en autostop. C’est là-bas que j’ai construit mon métier."

Johan Lolos ne remplacerait son nomadisme pour rien au monde, ce métier de voyageur qui le nourrit pleinement. Mais, avec le temps, il savoure aussi pleinement son camp de base en Belgique, du côté de Liège : " Je ne pourrais pas être un vrai nomade, 100% sur la route tout le temps. Il faut trouver la balance entre avoir une base chez soi et voyager. J’adore toujours ce mode de vie, j’en veux toujours plus, je n’aurai pas assez de ma vie pour tout voir. Mais je ne voyage plus comme avant, c’est devenu mon métier à temps plein !"

Tourner dans des petits villages du bout du monde, monter dans une chambre d’hôtel, publier depuis une terrasse au panorama époustouflant, c’est aussi notre quotidien depuis 6 mois. La seule contrainte étant de trouver une connexion à la hauteur de nos besoins. 

C’est donc également à distance que nous discutons avec le sociologue Yves Patte de ces nouveaux travailleurs nomades : "C’est une même volonté de rester maître de son parcours qui anime les backpack entrepreneurs et les travelers backpack : la possibilité de changer de plan, de sauter sur une belle opportunité, etc. Avoir une carrière toute tracée dans l’administration ou une grande entreprise, c’est un peu comme un voyage organisé. On a peu de liberté et s’il s’avère qu’il y a une petite plage magnifique mais qui n’est pas dans le programme des visites, on ne peut pas y aller. Bref, c’est la volonté de pouvoir décider pour soi, de tracer son propre chemin, et de se réorienter constamment qui anime les uns comme les autres."

 

Des valeurs applicables au nomade comme au sédentaire. Où que l’on soit, comme dit l’adage, la vie elle-même est un voyage et il faut profiter pleinement de chaque destination.

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