Vrai ou faux ? "Les pays où l'on donne le vaccin BCG (tuberculose) sont moins touchés par le coronavirus"

Vrai ou faux ? "Les pays où l'on donne le vaccin BCG (tuberculose) sont moins touchés par le coronavirus"
3 images
Vrai ou faux ? "Les pays où l'on donne le vaccin BCG (tuberculose) sont moins touchés par le coronavirus" - © Tous droits réservés

Le vaccin BCG, c’est un vieux de la vieille : c’est le "vaccin bilié de Calmette et Guérin", du nom de ses inventeurs, administré pour la première fois contre la tuberculose en 1921. La France l’a abandonné en 2007 ; en Belgique, le fabricant l’a retiré de la vente. Mais d’autres pays du globe ont maintenu un programme de vaccination : ainsi, plus de 3 milliards de personnes sont aujourd’hui vaccinées dans le monde. Mais quel pourrait être le lien entre vaccin BCG et COVID-19 ?

BCG et COVID-19

Plusieurs groupes de chercheurs ont eu l’idée de relier les politiques de vaccination du BCG de différents pays, aux données de morbidité et de décès par COVID-19. Ils ont comparé ces données entre des pays qui n’avaient jamais instauré de vaccination généralisée BCG (Italie, USA, Liban, Pays-Bas et Belgique) et des pays ayant ou ayant eu une politique de vaccination généralisée. Et ils ont conclu qu’il existait une corrélation positive significative.

►►► À lire aussi:  Coronavirus : le point sur les traitements existants, les médicaments et les vaccins bientôt sur le marché

Ils ont découvert, par exemple, que le Japon, qui a commencé sa politique de BCG en 1947, compte environ 100 fois moins de décès par million d’habitants que l’Iran dont la politique de vaccination universelle contre le BCG n’a débuté qu’en 1984. De même, le Brésil qui a commencé son programme de vaccination universelle en 1920 a un taux de mortalité plus faible que le Japon.

Juste un lien, ou un rapport de cause à effet ?

Attention, la corrélation entre deux faits n’implique pas la causalité. Principe sacré à toujours avoir à l’esprit en sciences. C’est la première balise à mettre à des études épidémiologiques qui ont montré de façon intéressante un lien entre taux de vaccination au BCG et taux de morbidité et de mortalité face au Covid-19. 

Pas de causalité établie

Ces études ne permettent pas de conclure à une relation de causalité : car selon les pays étudiés, il y a des différences de niveau de vie, et de politique de santé, indépendamment du fort ou faible taux de vaccination BCG. Il y a donc des biais très importants. Par ailleurs, les statistiques de mortalité COVID-19 par pays sont sujettes à caution et tous les pays n'en sont pas au même stade de l'épidémie (les chiffres de mortalité ayant un effet retard). 

Effet protecteur du BCG

Mais de façon générale, le BCG a prouvé chez les enfants qu’il avait un effet protecteur non spécifique contre les infections. Il pourrait, mais c’est bien un conditionnel, permettre de diminuer l’importance de l’infection au virus SARS-CoV-2 en stimulant ce qu’on appelle "la mémoire de l’immunité innée", c’est-à-dire la première immunité à entrer en jeu face à une infection, et en induisant ainsi une " immunité innée entraînée ".

Essais cliniques

Des scientifiques australiens ont donc décidé de pousser les recherches plus loin : des chercheurs de l'’Institut de recherche pour enfants Murdoch de Melbourne (MCRI) vont administrer le vaccin BCG à 4000 membres du personnel médical en première ligne du COVID-19, dans les hôpitaux australiens. Une autre étude de grande ampleur a démarré aux Pays-Bas (1000 participants). L’Espagne et la France vont s’y joindre. Il faudra trois à quatre mois pour que les premiers résultats de l’essai français soient disponibles.