Renseignement: "Nous n'avions pas les informations pour empêcher les attentats du 22 mars"

Le lieutenant-général Eddy Testelmans, chef du SGRS
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Le lieutenant-général Eddy Testelmans, chef du SGRS - © THIERRY ROGE - BELGA

Ce mercredi, le lieutenant-général Eddy Testelmans, chef du Service général du Renseignement et de la Sécurité (SGRS), a été auditionné en commission Attentats. Comment fonctionne ce service? Est-il en mesure de mener à bien ses missions? Y a-t-il des failles qui ont permis les attentats du 22 mars?

Après avoir dressé un long aperçu de son service, le chef du SGRS dresse une limite: le manque de personnel. "Notre service est à 85% du personnel. Nous sommes sous-dimensionnés. Le gouvernement nous a promis de recruter 92 collaborateurs en trois ans", déclare Eddy Testelmans.

A ce propos, le chef du SGRS insiste sur le fait que l'humain est fondamental dans son service. "Mais nous devons faire face à l'infobésité", précise Eddy Testelmans. "Face à toutes ces informations, on ne sait jamais si ça a été filtré. Mais il y a des niveaux de fiabilité: A, B, C ou D".

Concernant la coexistence du SGRS et de la Sûreté de l'État, le lieutenant-général explique qu'il y a de la place pour les deux services. "Il y a moyen de coexister même s'il y a un chevauchement", affirme-t-il.

La complexité de l'organisation des terroristes, la malchance, le manque d'effectifs

Mais que savait le SGRS sur les attentats du 22 mars? "Nous n'étions pas en possession d'informations qui auraient pu empêcher ce qui s'est passé le 22 mars. Il faut être vigilant à ne pas réinterpréter des informations que nous avons aujourd'hui", déclare Eddy Testelmans.

"Mais comment peut-on expliquer que le SGRS n'était pas au courant de la moindre information sur les attentats qui se préparaient?" s'interrogent les membres de la commission. Le chef du SGRS évoque "la complexité de l'organisation des terroristes, la malchance, le manque d'effectifs".

Puis, Eddy Testelmans ajoute: "Je n'ai pas d'explication mathématique. Je n'ai pas encore découvert les raisons pour lesquelles on n'a pas pu prévoir ces attentats".

Jaak Raes: "Ne pas faire du court-terme"

La deuxième personne auditionnée de la journée est Jaak Raes, l'administrateur de la Sûreté de l’État. C'est le deuxième service de renseignements que compte la Belgique, à côté du SGRS.

Jaak Raes commence son intervention par un exposé sur l'organisation, la structure et les effectifs de la Sûreté de l’État. A l'heure actuelle, 571 équivalents temps plein travaillent au sein de ce service. "C'est moins que dans bon nombre d'autres pays" explique Jaak Raes. Il cite alors la Suède (1100 agents), l'Espagne (1500), le Danemark (780) et les Pays-Bas (1500). Le patron de la Sûreté de l’état pointe alors le maigre budget dévolu à son service: 45 millions d'euros. "C'est moins que ce qui est prévu pour nettoyer les parcs en Flandre: 60 millions d'euros", dit en souriant Jaak Raes.

Concernant les missions de son service, le patron de la Sûreté de l’État prévient: "Je veille à ce que le service ne fasse pas du court-terme. Nous cherchons des renseignements. Nous ne sommes pas une énième section de la police judiciaire".

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