Quand Bart De Wever assiste à une réunion de crise de la police sur les attentats du 22 mars

Quand Bart de Wever assiste à une réunion de police sur les attentats
Quand Bart de Wever assiste à une réunion de police sur les attentats - © BENOIT DOPPAGNE - BELGA

Que faisait le président de la N-VA Bart De Wever, le 23 mars - le lendemain des attentats de Bruxelles -, dans une réunion avec les principaux responsables de la police au cabinet du ministre de l'Intérieur, le N-VA Jan Jambon ?

Une réunion à propos des ratés dans l'échange d'informations avec la Turquie

Une réunion qui ne concernait pourtant que les services de police à propos de ratés dans l'échange d'informations entre Turquie et Belgique à propos de l'un des terroristes des attentats du 22 mars : Ibrahim El-Bakraoui, futur kamikaze de l'aéroport de Zaventem. La participation de Bart De Wever à cette réunion policière était restée secrète jusque-là. C'est Paris Match Belgique qui dévoile "l'affaire". 

23 mars 2016, réunion de crise au cabinet Jambon. Sont présents les plus hauts responsables de la police fédérale, la Police Judiciaire, des responsables de la section de lutte anti-terrorisme. Réunion où ces derniers avaient été urgemment convoqués pour tenter de s'expliquer sur les ratés de communication justice-police et autorités belges-autorités turques. Des ratés qui ont permis à Ibrahim El Bakraoui, intercepté en juin 2015 par les Turcs sur la frontière syrienne, d'être renvoyé en Europe, via les Pays-Bas, sans être récupéré par les enquêteurs belges, la Turquie (jusqu'au président turc Erdoganà rejetant la faute sur la Belgique. Une "affaire" qui reste comme l'un des ratés des enquêtes en cours sur les attentats de Bruxelles.

Une présence intrigante

Sauf qu'était aussi présent Bart De Wever, président de la N-VA. Il était dans les locaux du cabinet de l'Intérieur. Il est entré dans la salle de réunion où étaient les responsables de la police. Son parti parle aujourd'hui d'un "simple hasard", d'une réunion de parti hebdomadaire alternativement tenue dans un cabinet ministériel N-VA, et là c'était au tour du cabinet de l'Intérieur : étaient donc présents dans le bâtiment à ce moment-là d'autres élus N-VA, dont apparemment aussi le président de la Chambre Siegfried Bracke.

Et d'admettre que c'est une "situation hors norme, dans des circonstances hors normes". Explication un peu courte sans doute au regard de la suite des événements. Quelques heures plus tard, Jan Jambon, comme son collègue de la Justice Koen Geens, proposait sa démission, les deux hommes choisissant d'endosser personnellement des dysfonctionnements dans leurs services. Deux démissions finalement refusées par le Premier Ministre Charles Michel.

Quelques heures plus tard encore, autre stratégie, le ministre de l'Intérieur Jan Jambon, face au Parlement, rejetait la faute sur l'officier de liaison de la police fédérale à Istanbul, accusé d'avoir mal informé la Belgique. L'homme est déjà venu se défendre devant la commission d'enquête parlementaire attentats.

Lundi, ce sera précisément au tour des ministres Jambon et Geens. Avec cette question qui demeure : que venait faire Bart De Wever dans une réunion importante de police le 23 mars. Les députés ne manqueront pas de demander aussi leur lot d'explications... 

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