Il est 5h30, Maelbeek s'éveille...

Plusieurs lève-tôt sont entourés par les caméras, ce lundi matin, aux petites heures. Pour la première fois depuis le 22 mars 2016, ils peuvent à nouveau monter dans le métro bruxellois en empruntant la station la plus proche de chez eux: Maelbeek. 

Vers 5h30, les journalistes étaient plus nombreux que les navetteurs. Des médias locaux et autres agences de presse internationales ont obtenu l'autorisation de filmer les premières voitures freinant à l'arrêt Maelbeek. Jusqu'à ce jour, la Société de transports en commun de Bruxelles (STIB) restait intransigeante: aucune image ne pouvait être captée à l'intérieur de ses stations en sous-sol, sous peine d'attirer ses foudres. Pourtant, depuis un mois, touristes comme habitués du métro sortaient leur smartphone pour enregistrer le silence, planant, à l'intérieur de la rame lorsque le métro passait Maelbeek. Chacun à leur manière, ils se souvenaient. 

Les esquisses de Van Innis

Quatre semaines durant, le quai était dissimulé par de grandes bâches sombres, tendues sur des grillages temporaires. Les utilisateurs, lancés à 50 km/h, se surprenaient à entendre l'annonce d'un arrêt à Maelbeek alors que le métro se contentait de ralentir. Il y a quelques jours, de la lumière s'échappait à travers les grillages, signe que, derrière cette protection pour regards curieux, des ouvriers de la STIB s'affairaient à boucler les derniers travaux. Vendredi, déjà, on apercevait les contours de visages dessinés sur les murs, esquisses de l'artiste Benoît Van Innis. Il a rénové la station en 2001. Sur ces murs que les Bruxellois reconnaissent à leurs carreaux blancs, les œuvres de Van Innis ont conservé leurs moues pudiques.

#WeAreBelgium

Un seul accès est ouvert. Avant d'emprunter les portiques d'accès, les voyageurs ralentissent pour admirer le mur commémoratif sur lequel les proches des victimes ont déjà eu l'occasion d'écrire quelques mots.

Un jeune homme s'arme d'un marqueur pour annoter un hashtag : #WeAreBelgium. "Je suis venu rendre hommage à toutes les personnes qui se sont débrouillées pour que nous restions unis." Il constate une ambiance pesante. "Savoir tout ce qui s'est passé ici, c'est poignant." Plus loin, un travailleur sort d'un métro de la ligne 1-5. "La folie humaine est ce qu'elle est, mais la paix primera toujours dessus."

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK