Fayçal Cheffou libéré, la traque de "l'homme au chapeau" reprend

Capture d'une caméra surveillance diffusée par la police fédérale belge d'un suspect de l'attentat contre l'aéroport de Bruxelles le 22 mars 2016
Capture d'une caméra surveillance diffusée par la police fédérale belge d'un suspect de l'attentat contre l'aéroport de Bruxelles le 22 mars 2016 - © HO

La traque du troisième assaillant de l'aéroport de Bruxelles a repris de plus belle après la libération du principal suspect, une semaine après les attentats-suicides djihadistes qui ont fait 35 morts.

Signe d'une menace toujours élevée, les enquêtes sur les réseaux djihadistes prennent une tournure de plus en plus européenne, avec de nouvelles arrestations ces derniers jours en Belgique, en Italie et aux Pays-Bas.

Mais les investigations sur les attentats-suicides du 22 mars à Bruxelles ont subi un revers. Fayçal Cheffou, 30 ans, seul inculpé dans ce dossier, notamment pour "assassinats terroristes", a été remis en liberté lundi, sans conditions.

"Les indices qui avaient entraîné l'arrestation du nommé Fayçal C. n'ont pas été confortés par l'évolution de l'instruction en cours", a annoncé le parquet fédéral belge. 

Depuis son arrestation jeudi, les enquêteurs tentaient de confirmer leur "hypothèse" selon laquelle cet homme, qui se présente comme journaliste indépendant, pouvait être "l'homme au chapeau" repéré sur des images de vidéosurveillance - le poseur de bombe de l'aéroport de Bruxelles-Zaventem qui a pris la fuite avant que ses deux complices ne se fassent exploser.

La police a diffusé lundi une nouvelle vidéo de ce troisième homme pour l'"identifier".

Nouvelle polémique

Seule certitude pour l'instant, les trois kamikazes - Ibrahim El Bakraoui et Najim Laachraoui à l'aéroport, Khalid El Bakraoui dans le métro bruxellois - sont directement liés aux commandos des attentats qui avaient fait 130 morts et des centaines de blessés le 13 novembre à Paris. Et notamment au suspect-clé Salah Abdeslam, logisticien présumé du carnage parisien, arrêté le 18 mars à Bruxelles après plus de quatre mois de cavale.

Les attentats de Paris et Bruxelles ont été revendiqués par le groupe djihadiste Etat islamique (EI), et les réseaux qui les ont commis s'imbriquent en un seul.

La Belgique demande ainsi l'extradition de Djamal Eddine Ouali, un Algérien arrêté samedi en Italie, soupçonné de fabrication de "faux documents" utilisés par certains "auteurs présumés des attentats de Paris et probablement aussi par Salah Abdeslam".

Parallèlement, la Justice a annoncé lundi l'inculpation de trois suspects arrêtés la veille dans une opération "antiterroriste" dans plusieurs villes de Belgique, mais sans lien direct avec les attentats.

Un autre dossier en France

Une autre enquête révèle de nouvelles ramifications européennes : celle sur un projet d'attentat que la France dit avoir déjoué, avec l'arrestation jeudi près de Paris de l'ex-braqueur français Reda Kriket. Un Français qui a séjourné en Syrie a été interpellé dimanche aux Pays-Bas, soupçonné d'avoir été mandaté par l'EI pour attaquer la France avec Kriket.

Deux hommes avaient déjà été inculpés en Belgique dans ce dossier, dont l'un, Abderamane A., né en Algérie, avait été condamné en 2005 en France à sept ans de prison et une interdiction définitive du territoire français pour son soutien logistique aux assassins du commandant Ahmad Shah Massoud, tué le 9 septembre 2001 en Afghanistan.

 

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