"Des faits ou des excuses": Jan Jambon répondra aux députés mercredi

La députée fédérale Nahima Lanjri (CD&V) veut des excuses de la part de Jan Jambon (N-VA)
La députée fédérale Nahima Lanjri (CD&V) veut des excuses de la part de Jan Jambon (N-VA) - © Tous droits réservés

La polémique enfle autour du ministre fédéral de l'Intérieur Jan Jambon (N-VA). Il a édulcoré ses propos, mais ne les retire pas. Cette fois, il reconnaît que, non, une "partie significative des musulmans" n'ont pas dansé après les attentats. Mais il y a des faits, répète-t-il. Et pas besoin de les prouver.

Le président de la commission de l'Intérieur de la Chambre, Brecht Vermeulen (N-VA) a, lui, anticipé les demandes de certains députés: le débat d'actualité sur les propos de Jan Jambon aura bien lieu mercredi commission, à partir de 14h15, et avant les questions d'actualité déjà prévues. Au départ, le ministre devait bien être présent, mais pas pour répondre à ces questions.

Mais l'agenda a changé, car les réactions se multiplient depuis ce lundi, tant dans l'opposition qu'au sein même de la majorité. Groen et Ecolo souhaitent que le ministre vienne s'expliquer à la Chambre.

Des faits ou des excuses

Le cdH va demander pour sa part, comme les autres partis de l'opposition, de changer l'ordre du jour de la commission. Mais les humanistes réclament aussi la présence du Premier ministre Charles Michel (MR) puisqu'il préside le Conseil national de sécurité. Un Conseil qui, selon Jan Jambon, aurait les informations sur lesdites "danses".

Mais, dans les rangs mêmes de la coalition au fédéral, les voix se lèvent aussi en faveur de cette alternative : des faits ou alors des excuses.

En témoigne la députée fédérale Nahima Lanjri (CD&V) qui dénonce les propos de Jan Jambon: "Je crois qu’un ministre ne peut pas dire de telles choses parce qu’il stigmatise vraiment toute une communauté, a-t-elle réagi dans Matin Première ce mardi. Donc, nous ne sommes pas très à l’aise, mais il s’agit bien d’une communication personnelle et je crois qu’il doit s’excuser ou bien venir avec des preuves".

Le CD&V sera donc bien armé de questions ce mercredi, comme le témoigne le tweet d'un député chrétien démocrate flamand:

Une offensive médiatique pour rassurer les électeurs N-VA ?

Le ministre de l'Intérieur jette la suspicion sur la communauté musulmane. Et, lorsque l'on dit Jan Jambon, on peut en fait dire une bonne partie de la N-VA. Il y a pour l'instant une offensive médiatique étonnante : bien sûr celle de Jan Jambon samedi dans De Standaard, mais il ne faut pas oublier les tweets de soutien de la part de Theo Francken durant tout le week-end.

Et il faut encore rajouter à cela la sortie du ministre-président flamand Geert Bourgeois (N-VA) qui reprochait à la VRT, la télévision publique flamande, de ne pas avoir montré les jeunes qui lançaient des bouteilles lors de l'arrestation de Salah Abdeslam à Molenbeek-Saint-Jean le 18 mars dernier.

Ce n'est pas seulement Jan Jambon, mais bien toute la N-VA qui veut montrer qu'elle danse différemment. Sur un autre tempo que ses partenaires du gouvernement fédéral. Et, en rejouant le disque de l'intégration ratée, le parti sauve son danseur de l'Intérieur, mis en difficulté après les attentats de Bruxelles, et rassure ses électeurs.

Mais, pour l'instant, c'est la communauté musulmane qui paie les violons du bal.

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