Attentats: Yvan Mayeur regrette ses propos sur la Flandre et demande des mesures pour les "returnees"

Le bourgmestre de la Ville de Bruxelles Yvan Mayeur a regretté lundi les propos qu'il eu au sujet de la Flandre dans son ensemble, à l'occasion de la manifestation de hooligans, à la Bourse de Bruxelles, lieu d'hommage à l'égard des victimes des attentats, le dimanche 27 mars dernier.

Mon objectif n'était pas de stigmatiser une population

Il a par ailleurs rendu hommage au travail des policiers soumis à rude épreuve depuis ces attentats et indiqué que le dialogue constructif avec leurs représentants, initié lundi, serait poursuivi.

"J'ai effectivement dit que c'était la Flandre avec ses hooligans qui étaient venus salir Bruxelles. C'est, j'en conviens, une formulation malheureuse qui peut blesser et je le regrette sincèrement. Mon objectif n'était pas de stigmatiser une population dans son ensemble, mais de mettre le doigt sur la scandaleuse passivité des autorités de la commune de Vilvorde et du ministre de l'Intérieur qui ont laissé des centaines d'individus réputés violents gagner le centre-ville à partir de la gare de Vilvorde", a déclaré M. Mayeur.

Par ailleurs, le bourgmestre de la Ville Yvan Mayeur a plaidé pour l'adoption d'urgence de mesures à l'égard des combattants syriens qui reviennent en Belgique "où ils tentent de poursuivre l'échec de leur guerre sainte".

Car il n'est pas de droits sans devoirs

"Aucun problème social ou culture, aucune forme de frustration et d'exclusion ne peuvent justifier ces assassinats. Ces actes de violence gratuite ne peuvent être légitimés. Il est du devoir de nos sociétés de comprendre le phénomène de radicalisation violente. Après le choc émotionnel, nous devons chercher les bonnes réponses pour venir bout de ces mouvements extrémistes.

Pour M. Mayeur, l'organisation et l'enseignement des cultes, les phénomènes sectaires, les pratiques non-conformes à l'état de droit, en particulier le respect des libertés et de l'égalité homme-femme, constituent autant de sujets sur lesquels il faut des réponses claires et non équivoques des autorités, n'acceptant aucun estompement de la norme démocratique.

Le bourgmestre a ajouté que la société de libertés était fondée sur l'éthique de responsabilité qui incombe à tous, des autorités jusqu'au citoyen "car il n'est pas de droits sans devoirs, cela implique de la part de chacun le respect de nos règles de vie commune".

Yvan Mayeur a par ailleurs insisté sur le devoir de continuer à construire "une société inclusive où chacun bénéficie des mêmes chances de trouver sa place construire, sans jamais transiger avec notre sécurité ni avec nos valeurs démocratiques. C'est dans la mixité, et exclusivement grâce à l'indispensable mixité sociale, culturelle, de générations, que nos villes mondes pourront se développer au bénéfice de chacun", a-t-il conclu.

Vu de Flandre

EN Flandre, les combattants de retour de Syrie (returnees) ne font pas l'objet d'un enregistrement et d'un suivi systématiques par les maisons de justice, a indiqué le ministre flamand Jo Vandeurzen (CD&V), en réponse à une question parlementaire de la députée Yasmine Kherbache (sp.a). Au cours des deux dernières années, "quasi aucun" combattant syrien de retour en Belgique n'a fait l'objet d'un accompagnement, a ajouté le ministre.

Cette réponse est "hallucinante", a réagi Mme Kherbache, qui a appelé M. Vandeurzen à travailler d'urgence à la mise en place de programmes de déradicalisation.

Le système employé dans les maisons de justice (SIPAR) ne prévoit pas pour l'instant un enregistrement spécifique des combattants de retour de Syrie, selon M. Vandeurzen. Une catégorie 'terrorisme' sera créée prochainement, mais elle n'est pas automatiquement liée au cas des 'returnees'.

Concernant l'accompagnement des combattants étrangers, le ministre a indiqué que seuls quatre dossiers anversois avaient fait l'objet d'un suivi au cours des deux dernières années. "Ces dossiers concernaient des libérations conditionnelles dans le cadre de détention préventive et un dossier de probation", a indiqué Jo Vandeurzen.

"Le gouvernement flamand est en faute d'une manière inimaginable. Combien de rappels aura-t-il besoin avant de se réveiller? ", s'est interrogée Mme Kherbache.

 

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