Attentats: deux mois après, les questions demeurent

Attentats: deux mois après, les questions demeurent
Attentats: deux mois après, les questions demeurent - © LAURIE DIEFFEMBACQ - BELGA

Deux mois après les attentats, les questions politiques demeurent. La commission d'enquête parlementaire a entamé ses travaux tandis que la pression s'accroît sur la police et sa section anti-terrorisme.

A la suite des attentats de Paris, dans lesquels plusieurs Belges sont impliqués et qui semblent avoir été préparés en Belgique, le comité P a ouvert une enquête sur le travail de la police belge. Les attentats du 22 mars commis à Bruxelles et Zaventem ont éclairé d'une lumière encore plus forte cette enquête. Elle n'est pas achevée mais un rapport intermédiaire se montre critique, notamment sur le suivi des frères Abdeslam. Au sein de la police, sur les dents depuis de nombreux mois et confrontée à une tâche colossale après les premiers départs en Syrie, ces premières conclusions passent mal. La commissaire générale et le directeur de la police judiciaire ont d'ailleurs dénoncé la façon dont les enquêteurs ont été traités par l'organe de contrôle de la police.

Ces passes d'armes se sont jusqu'à présent déroulées dans les coulisses, par le biais de rapports confidentiels mais éventés dans la presse. La commission d'enquête parlementaire est appelée à se saisir du problème. Elle a commencé ses travaux le 9 mai, non sans quelques remous: majorité et opposition n'ont pu s'accorder sur le nom des experts et deux d'entre eux ont finalement renoncé à leur mission parce que leur indépendance à l'égard du gouvernement était mise en cause. Les premières séances ont été consacrées au travail des services de secours le 22 mars. S'il en ressort qu'ils ont travaillé rapidement et efficacement, plusieurs questions se posent, de nature technique, comme la saturation du réseau Astrid et du réseau de gsm à Bruxelles, mais aussi de portée plus politique, comme la décision de fermer le réseau de métro, prise 50 minutes après l'attentat de Zaventem et jamais parvenue à la STIB, ou l'absence de plan d'urgence terroriste. Le centre fédéral de crise n'a pas encore pu s'exprimer mais il est cité dans toutes les auditions. Plusieurs acteurs, s'ils n'ont mis en cause personne, ont fait remarquer qu'ils avaient appris les événements dans les médias et décidé spontanément de prendre de prendre des mesures.

La plupart des mesures annoncées par le gouvernement après les attentats de Paris se concrétisent. Les dernières en date visent les perquisitions 24h/24 et la banque de données sur les combattants à l'étranger. La commission ad hoc "lutte contre le terrorisme" n'est en revanche toujours pas parvenue à trouver un accord sur l'augmentation du délai de garde à vue. Une majorité des deux tiers est nécessaire puisqu'il faut réviser la Constitution.

Des mesures ont été annoncées pour soutenir les secteurs économiques qui pâtissent des attentats, dont l'horeca bruxellois. Le 13 mai, le gouvernement a donné par ailleurs son feu vert à l'extension de la mission des F-16 à la Syrie pour combattre l'Etat islamique. Le 1er juillet ils prendront le relais des Néerlandais.

La tension politique n'est pas retombée. La Belgique peine à se débarrasser de l'image d'un Etat défaillant dont l'affublent périodiquement des médias étrangers et qui se répand doucement dans le pays. Si elle n'a pas de lien avec les attentats, la grève des gardiens de prison en Wallonie et à Bruxelles a mis le gouvernement à rude épreuve et a accru un peu plus la fracture entre le nord et le sud du pays.

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