Attentats de Bruxelles: peut-on pister n'importe qui grâce aux caméras de surveillance?

L'homme au chapeau recherché dans le cadre des attentats de Bruxelles a été suivi par des caméras de surveillance après son départ de l'aéroport le 22 mars dernier. On a perdu sa trace à 10 kilomètres de là et la justice espère mettre la main sur d'autres images afin de le pister. Cela ne sera pas évident.

Les enquêteurs ont pu suivre un homme, kilomètre par kilomètre, via des caméras de surveillance. Le trajet de l'homme au chapeau a été retracé, filmé, documenté en vidéo.

Évolution technologique

Car son parcours était jalonné de centaines de caméras, à chaque coin de rue, à chaque carrefour. "Il y a d'abord les caméras fixes dans les lieux publics : typiquement les carrefours. Et puis il y a les caméras fixes dans les lieux fermés, mais ouverts au public: typiquement le métro. Et puis, il y a l'évolution technologique qui fait qu'on est dépassé avec toutes les caméras mobiles : pensez aux drones qui filment à peu près partout, aux dashcams, ces caméras que les gens ont dans leur véhicule et qui filment les voitures autour d'eux" explique Etienne Wéry, avocat spécialisé en nouvelles technologies.

Les caméras sont presque partout, pourtant la police a perdu la trace du fugitif dans un quartier de Schaerbeek, au coin de la rue du Noyer et de l'avenue de la Brabançonne.

"On ne peut filmer que les clients"

Dans les deux jours qui ont suivi les attentats, la police a pourtant contacté les propriétaires des alentours, comme une église, qui dispose de deux caméras, ou un lavoir dont les caméras filment de l'intérieur.

Mais pour l'avocat les caméras des commerces ont peu de chance d'aider les enquêteurs, car légalement elles ne peuvent pas filmer dans la rue : "La caméra dans le magasin est typiquement hypothèse d'un lieu en principe privé, mais accessible au public. C'est comme le métro: on ne peut pas filmer l’espace public, on ne peut filmer que les clients".

En manque d'images, la Police fédérale compte donc sur les vidéos filmées par des caméras mobiles, comme des GSM ou des dashcams de voitures, pour essayer de pister le troisième homme de l'aéroport jusqu'à sa destination finale.