Attentats de Bruxelles: 8 Belges sur 10 redoutent de nouvelles attaques et accusent l'Etat, selon un sondage

Le vrai but de l'Etat islamique est de diviser notre société.
Le vrai but de l'Etat islamique est de diviser notre société. - © PATRIK STOLLARZ - AFP

Dix jours après les attentats qui ont frappé Bruxelles le 22 mars dernier, une large majorité des Belges redoutent de nouvelles attaques et pointent du doigt l'Etat comme principal responsable de la situation actuelle. C'est en tout cas ce qu'il résulte d'un sondage commandé par la Fondation "Ceci n'est pas une crise" selon lequel près de 8 sondés sur 10 s'attendaient à ces attentats. Plus étonnant, la même proportion de Belges ne comptent pas pour autant changer leurs habitudes de circulation dans les lieux publics.

L'Etat pointé du doigt

Concernant les causes profondes, 60 % estiment que l'Etat aurait dû mieux gérer l'intégration des populations immigrées non-européennes, et ce depuis de nombreuses années.

Et c'est une nouvelle fois l'Etat qui est mis en cause lorsque l'on évoque la question de la sécurité puisque près de sept sondés sur dix estiment les services de police, la justice et la sûreté de l'Etat sous financés. 

Le paradoxe sécuritaire

Néanmoins, si plus d'un Belge sur deux estime que la meilleure réponse au terrorisme est d'augmenter le nombre de forces de l'ordre type "police et armée" dans les rues, ils sont plus de 70 % à penser que le renforcement des mesures sécuritaires n'empêchera pas de nouveaux attentats.

Même proportion, 70 %, ceux qui estiment qu'il faut un gros travail culturel et pédagogique pour lutter contre l'idéologie de l'organisation terroriste Etat islamique dans notre pays et contre le recrutement de djihadistes.

En ce qui concerne les mesures concrètes à prendre, si 52% des Belges sont d'accord de sacrifier une partie de leurs libertés pour assurer leur sécurité, l'avis dépend grandement de l'âge des sondés puisque 38% des 18-25ans estiment la mesure nécessaire contre 61% des 61 ans et plus.    

Incohérence émotionnelle ?

Huit Belges sur dix se disent conscients que le vrai but de l'Etat islamique, outre de nous plonger dans la peur, est de diviser notre société et de créer une vraie fracture entre musulmans et non-musulmans dans notre pays. Or, malgré le fait que 90% des sondés prétendent ne pas tomber dans le piège grossier tendu par l'organisation terroriste, force est de constater que ces mêmes sondés font des amalgames entre terroristes, musulmans et réfugiés.

Pour le sociologue Benoît Scheuer, concepteur du sondage, cette contradiction apparente n'en est pas vraiment une, elle serait plutôt le fruit d'une réaction liée au vécu: "Je ne vois pas de contradiction. L'individu ne souhaite pas dire qu'il est influencé par un groupe terroriste comme Daesh. Dans un premier temps, il dit donc qu'il ne veut pas tomber dans le piège de Daesh. Mais en fait, quand on creuse un peu, il tombe tout à fait dans ce piège puisqu'il se méfie des musulmans. Et ce n'est pas contradictoire avec le fait de dire que ce n'est pas Daesh qui nous influence, mais ce que nous vivons dans nos villes et nos quartiers".  

Ce sondage de Survey & Action a été réalisé sur base de données récoltées par Dedicated du 25 au 27 mars par internet, auprès d'un échantillon de 1034 personnes, représentatif de la population belge.  

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