Attentats de Bruxelles: une accumulation de dysfonctionnements

Le système de communication de la police, notamment, a connu des dysfonctionnements
Le système de communication de la police, notamment, a connu des dysfonctionnements - © PHILIPPE HUGUEN - AFP

Le 22 mars 2016, deux bombes explosent à l'aéroport de Zaventem. Très vite, la thèse terroriste est privilégiée. Comment ont réagi les autorités ? Toutes les décisions ont-elles été prises à temps ? Quelques jours après les attentats de Bruxelles, certaines questions restent en suspens. Le doute est donc permis.

La communication était-elle défaillante lors de la fermeture du réseau STIB ?

Dans pareille situation, chaque minute compte :

7h58: deux explosions éventrent le hall des départs de l'aéroport de Zaventem.

8h50: le ministre de l'intérieur, Jan Jambon, contacte le ministre-président bruxellois, Rudy Vervoort pour lui annoncer l'évacuation imminente du métro.

9h04: le niveau de la menace passe de 3 à 4 (décision de l'Ocam).

9h11: une explosion paralyse la station de métro Maelbeek.

Alors que le ministre de l'Intérieur affirme avoir pris la décision de fermer le métro, la Société des transports Bruxellois déclare : "La STIB n'a reçu aucune instruction du gouvernement fédéral d'arrêter le métro".

A-t-on tardé à fermer le métro bruxellois ? La question reste sans réponse et ce n'est pas la seule...

Du côté des trains, l'interrogation reste aussi en suspens, même si les conséquences sont moins dramatiques puisque le rail belge n'a pas été pris pour cible par les terroristes.

Pourquoi les trains ont-ils roulé après 10h ?

Très rapidement, ordre aurait été donné à Infrabel de ne plus desservir la gare de l'aéroport.

Et les autres gares ? C'est là que le flou demeure.

Les cheminots affiliés à la CGSP dénoncent le fait que des trains continuaient à circuler sur l’axe nord-midi à Bruxelles après 10h00. Et publient sur les réseaux sociaux les preuves que des trains vers Anvers ou venant d’Amsterdam sont passés dans les tunnels de la jonction Nord-Midi à 10h18, tout en s'arrêtant à Central.

Depuis lors, motus. Plus aucune communication à ce sujet. La question demeure également sans réponse.

Le réseau de communication Astrid doit-il être amélioré ?

Astrid, l'opérateur télécom dédié aux services de secours et de sécurité en Belgique n'a pas connu de panne globale le mardi 22 mars. Mais ce système de communication a tout de même été surchargé. Juste après l'attentat dans le métro bruxellois, des antennes relais ont notamment été saturées. Une surcharge qui a contraint certains agents à utiliser des applications comme What's app.

Doit-on dès lors parler de vétusté de ce réseau de communication ? Devrait-il être remis au goût du jour ? Les responsables du réseau Astrid parle d'une mobilisation exceptionnelle dans une situation d'urgence. Selon eux, le réseau n'est pas vétuste.

Une affirmation qui ne semble pas avoir convaincu la commissaire générale de la police fédérale. Catherine de Bolle a demandé une enquête sur la panne du réseau de communication Astrid lors de la journée du 22 mars 2016.

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