Zone euro: les plans de sauvetage se suivent mais ne se ressemblent pas

Zone euro: les plans de sauvetage se suivent mais ne se ressemblent pas
Zone euro: les plans de sauvetage se suivent mais ne se ressemblent pas - © Wikimedia-khardan

La Grèce a finalement demandé à ses partenaires européens une prolongation de l'accord de prêt pour une durée de six mois. Une sorte de bouée de sauvetage financière, le temps de conclure un nouvel accord sur la dette sans mettre en œuvre de nouvelles mesures d'austérité exigées en retour par ses partenaires européens. Mais les 18 partenaires de la Grèce dans la zone euro ne veulent pas dissocier l'aide financière des conditions qui y sont associées. C'est la position exprimée haut et fort par l'Allemagne, garante de l'orthodoxie budgétaire en Europe, mais pas seulement.

En plus de l’Allemagne, d'autres pays comme l'Espagne et le Portugal sont aussi très remontés contre les propositions grecques mais pas forcément pour les mêmes raisons.

Tout comme la Grèce, l'Espagne et le Portugal ont eux aussi bénéficié de l'assistance financière des Européens. Les deux pays ont aussi dû mettre en place de sévères politiques d'austérité et ils voient d'un mauvais œil tout assouplissement des règles pour la Grèce. Difficile en effet d'expliquer à la population espagnole et portugaise que les Grecs ont réussi à négocier là où eux-mêmes ont échoué. D'autant que que les Espagnols comme les Portugais sont appelés aux urnes cette année.

Cinq plans européens depuis 2010

Mais les différents plans d'aide européens octroyés depuis 2010 ne sont pas comparables. Il y a d'abord la Grèce : 240 milliards d'euros prêtés - en deux temps - pour faire face à un risque de banqueroute. En échange, des mesures d'austérité qui n'ont pas permis de relancer l'économie. La Grèce croule encore aujourd'hui sous une dette qui représente environ 175% des richesses produites dans le pays. Ce sont précisément ces mesures d'austérité dont le gouvernement d'Alexis Tsipras ne veut plus entendre parler.

Le cas portugais, similaire au cas grec

Les mesures d'austérité ont eu plus de succès au Portugal qu'en Grèce, même si l'origine des deux crises est assez proche. Les fondamentaux de l'économie portugaise n'étaient pas bons : déficit public trop élevé, manque de confiance des investisseurs... Le pays ne pouvait plus emprunter sur les marchés et a dû demander l'aide de l'Union européenne et du FMI.

Le Portugal s'est ainsi vu prêter 78 milliards d'euros contre, là aussi, des mesures d'austérité pour réformer l'économie. Cela a conduit à la pire récession que le pays ait connu depuis la fin de la dictature. Mais l'année dernière, le Portugal a pu quitter le plan d'assistance financière et recommencer à se financer sur les marchés. Aujourd'hui, son économie redémarre tout doucement même si le taux de chômage reste très élevé.

La bulle immobilière irlandaise

L'Irlande a aussi bénéficié d'un plan de sauvetage européen qui lui a permis de sortir de la crise. Mais la crise irlandaise n'avait pas du tout la même origine. C'est l'éclatement de la bulle immobilière en novembre 2010 qui a fragilisé les banques irlandaises qui se sont retrouvées en quasi faillite. L’État leur est venu en aide ce qui a fait exploser son déficit public et lui a fermé les portes des marchés financiers.

A l'époque, l'Irlande a donc dû faire appel au plan de sauvetage de la Commission, de la banque centrale et du FMI à hauteur de 85 milliards d'euros. Contre là encore des mesures d'austérité qui ont fait grimper le chômage, baisser les salaires mais aussi épongé le déficit public. Et l'économie s'est finalement remise en marche.

Les banques espagnoles

L'Espagne, comme l'Irlande, s'est retrouvée dans le rouge à cause du marché immobilier qui a fragilisé le secteur bancaire et précipité la demande d'un plan d'aide. Mais à la différence de l'Irlande, ce sont les banques qui ont directement bénéficié du plan de sauvetage. Un plan de 41 milliards d'euros pour recapitaliser et restructurer le secteur financier et non pas l’État espagnol qui lui avait encore accès au marché financier.

Mais comme les règles européennes exigent une contrepartie à cette aide, l'Espagne aussi a dû mettre en place des politiques d'austérité, juste un peu moins radicales que pour les trois autres pays.

Chypre, au bord de la faillite

Et puis enfin, il y a Chypre. L'île s'est retrouvée au bord de la faillite en mars 2013 en raison de la forte exposition de ses banques à la dette grecque. Les Européens et le FMI ont mis 10 milliards d'euros sur la table contre, là aussi, la mise en place de politiques d'austérité mais surtout la liquidation d'une banque et la restructuration d'une seconde. Ce qui a eu pour conséquence pour les épargnants la perte de la moitié voire la totalité de leurs avoirs au delà de 100.000 euros.

L'austérité, une constante

Tous ces plans de sauvetage n'ont donc pas été lancés pour les mêmes raisons et toutes les réponses apportées ne sont pas les mêmes non plus, même si la mise en place de politiques d'austérité reste une constante. Le succès n'a pas été le même non plus. Il n'y a pas de potion miracle pour sortir un pays de la banqueroute, c'est une réponse adaptée qui doit être apportée, et c'est précisément ce que demandent les Grecs.

RTBF

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