Une restructuration de la dette grecque coûterait cher à la Belgique

Une restructuration de la dette grecque coûterait cher à l'Etat belge
Une restructuration de la dette grecque coûterait cher à l'Etat belge - © PHILIPPE HUGUEN - BELGAIMAGE

Des élections législatives anticipées se tiendront en Grèce le 25 janvier prochain. Le parti de gauche radicale Syriza est donné favori des sondages et son programme porte notamment sur une renégociation des aides internationales et une restructuration de la gigantesque dette grecque. Si les Européens refusent, le nouveau gouvernement grec pourrait décider de sortir de l'euro. Un scénario très noir qui pourrait coûter cher aux pays de la zone euro et donc à la Belgique.

L’Allemagne et la France sont les pays les plus exposés au risque grec, ce sont eux qui ont prêté le plus d'argent à Athènes. Mais la Belgique a, elle aussi, avancé des fonds dans le cadre du plan d'aide à la Grèce et elle a aussi donné sa garantie aux emprunts faits par le Fonds Européen de stabilité financière qui a secouru le pays.

Le professeur Eric Dor, économiste à Paris et Lille, a publié une étude qui montre que l’État belge est exposé à la dette grecque à concurrence de près de dix milliards d’euros. Depuis la crise de 2010, l’État belge a prêté deux milliards d’euros directement à la Grèce mais a aussi fourni des garanties à hauteur de cinq milliards au Fonds européen qui a prêté de l’argent à la Grèce. Il faut ajouter à cela plus de deux milliards d’euros de dette grecque qui pèsent sur notre banque nationale par le biais de la Banque centrale européenne. On obtient donc plus de neuf milliards d’euros d’exposition des contribuables belges à la dette publique de la Grèce.

Le scénario du pire

Existe-t-il un risque réel pour les États de la zone euro de devoir payer pour la dette grecque ? Ce serait évidemment le scénario du pire mais pas la seule option. La Grèce pourrait aussi négocier un défaut partiel ou encore recevoir un nouveau plan d'aide.

En réalité, si certains investisseurs s’inquiètent, c’est surtout parce que le gouvernement allemand a laissé entendre, par presse interposée, qu’il ne s’opposerait plus à une sortie de la Grèce de la zone euro. Mais sachant que les contribuables allemands devraient payer 90 milliards d’euros en cas de défaut grec, on peut se dire que les propos de la chancellerie allemande sont surtout destinés à dissuader de voter pour des partis anti-européens.

Une question de bon sens

Malgré la crise politique grecque, on peut espérer que le bon sens l’emportera et que l’Europe trouvera à nouveau une solution, quel que soit le résultat du scrutin prévu fin janvier en Grèce. Mais autant avoir conscience des conséquences financières si ça devait mal tourner.

Les économistes sont en tout cas d'accord pour dire qu'on évitera difficilement une restructuration de la dette grecque. Cette dette pèse maintenant 175% du PIB, presque deux fois toute la richesse que les Grecs peuvent produire en un an, difficilement remboursable en l'état donc. Il faudra bien que les créanciers - dont la Belgique fait partie - rediscutent du problème. Sachant que l'Allemagne est la plus exposée, gageons que ce sera loin d'être facile.

RTBF

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