Elections en Grèce: un tiers de la population sous le seuil de pauvreté

Un tiers de la population grecque vit sous le seuil de pauvreté
Un tiers de la population grecque vit sous le seuil de pauvreté - © Flickr-Alex Griffioen

Ce dimanche 25 janvier, les Grecs sont appelés aux urnes pour des législatives anticipées. Des élections convoquées parce que le Parlement grec n'a pas pu se mettre d'accord sur le nom d'un président de la république. Le parti de la gauche radicale Syriza est en tête de tous les sondages. Cette formation veut renégocier les mesures d'austérité imposées au pays.

Les élections de dimanche pourraient avoir des répercussions sur toute la zone euro. Mais les grecs pensent avant tout à eux, à leur quotidien et aux moyens de l'améliorer. Et pour cause, un tiers de la population grecque vit désormais sous le seuil de pauvreté et les enfants sont les premiers touchés. Dans son dernier rapport, l'Unicef tire la sonnette d'alarme : 40% des enfants grecs vivent dans une famille sous le seuil de pauvreté.

Solidarité organisée

Pour éviter le sacrifice d'une génération, la solidarité s'organise un peu partout. À Athènes par exemple, la directrice d'une académie de musique ne se contente pas d'apprendre la maitrise des instruments à ses élèves. Depuis trois ans, elle vient aussi en aide à leur famille. Une situation qu'elle n'avait jamais imaginée auparavant : "Je n'aurai jamais pu imaginer être obligée d'apporter un soutien psychologique aux enfants et organiser des collectes de nourriture et de vêtements pour leur famille. Jamais je ne pensais devoir faire face à de tels problèmes".

En Grèce, la crise a rapproché les gens. Par solidarité mais aussi parce qu'ils imaginent que peut-être un jour, ils pourraient aussi avoir besoin d'aide.

Une descente aux enfers

Ancien cadre dans une entreprise pharmaceutique, Nikiforos se retrouve au chômage il y a deux ans. Son niveau de vie s'est effondré. Il a bénéficié d'allocations de chômage pendant un an à raison d'environ 450 euros par mois, pas suffisant pour faire vivre une famille.

Sans revenu désormais, Nikiforos ne survit que grâce à l'aide financière de ses parents. Une chute vertigineuse comme beaucoup de Grecs en ont vécu ces dernières années. Pourtant, il hésite à faire confiance à Syriza, le parti de gauche radicale qui propose un changement politique pour la Grèce. Nikiforos refuse de croire que tous les sacrifices que les Grecs ont faits depuis des années n'aient servis a rien.

Choisir entre la poursuite d'une politique d'austérité dont les Grecs ne voient pas encore les bénéfices, et l'incertitude d'une politique qui risque d'anéantir tous les efforts entrepris, c'est le dilemme auquel les électeurs grecs seront confrontés ce dimanche.

RTBF

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