Un nouveau billet de vingt euros pour contrer les contrefaçons

Le nouveau billet de vingt euros
2 images
Le nouveau billet de vingt euros - © BCE

Le président de la banque centrale européenne, Mario Draghi a présenté la nouvelle coupure de vingt euros qui sera mise en circulation dès cet automne. Grâce à une technologie très sophistiquée, le billet sera plus difficilement falsifiable que le précédent. Les billets existants seront encore valables aussi longtemps qu'ils resteront en circulation.

En 2014, 800.000 billets contrefaits ont circulé dans la zone euro, dont 60% de coupures de vingt euros. Une longue période de recherches et de développements a permis aujourd'hui de mettre au point un tout nouveau billet anti contrefaçon.

Le responsable du département de la circulation fiduciaire à la banque nationale, Philippe Quintin, explique en quoi le billet est plus sécurisé : "On reconnait au toucher, la structure particulière du papier en fibres de coton, mais aussi certains signes imprimés en relief. Par ailleurs, face à la lumière, une fenêtre devient transparente et fait apparaitre le visage de la déesse Europe". Pour reconnaitre un vrai billet d’un faux, on peut aussi incliner la coupure à la lumière et constater des changements de couleurs. "Il sera très compliqué pour les contrefacteurs de falsifier correctement ces détails", précise Philippe Quintin.

Des faux-monnayeurs italiens et bulgares

En Belgique, 33 000 billets contrefaits ont été saisis en 2014. Environ 20% de ces faux billets ont été fabriqués en Belgique par des faussaires plus ou moins compétents, des "artisans locaux", le reste est fabriqué à l'étranger, essentiellement en Italie et en Bulgarie, où des filières se sont développées depuis la création de l’euro. "Le chiffre des saisies varie d’année en année", explique Laurent Sartorius, responsable de l'Office central de Répression des Faux à la police fédérale, "30% de plus une année, 15% de moins l’année suivante, etc. Ces variations dépendent de l’activité des organisations criminelles qui s’occupent spécifiquement de faux monnayage."

Les autorités utilisent en gros deux méthodes pour retirer ces faux billets de la circulation. Le moyen le plus répandu consiste tout simplement à faire appel au secteur financier, qui recycle l’argent physique, le cash.

Quand les banques repèrent des faux billets, elles les retirent immédiatement de la circulation et les font parvenir à la Banque nationale. "A côté de cette technique, souligne Laurent Sartorius, la police fédérale mène ses propres enquêtes en matière de fausse monnaie, enquêtes qui conduisent également à retirer des faux billets de la circulation." Il arrive également que des enquêtes policières concernant d’autres formes de criminalité, le trafic de stupéfiants par exemple, débouche sur la saisie de fausse monnaie.

Des contrefaçons difficiles à détecter pour M. Toulemonde

Les professionnels et les machines reconnaissent facilement les faux billets. Pour monsieur Toulemonde, en revanche, c'est loin d'être évident parce que les imitations sont souvent assez bonnes.

En plus, les faussaires ont des stratégies assez efficaces pour écouler les billets contrefaits. "La technique la plus répandue consiste à dépenser les billets de 20 ou de 50 euros un par un dans les petits commerces pour faire de petits achats", raconte Laurent Sartorius, "l’idée étant de récupérer la monnaie. L’autre technique, qui se répand de plus en plus depuis quelques années, consiste à faire des achats de produits de seconde main sur des sites internet spécialisés; celui qui veut écouler ses faux billets prend contact avec un vendeur, ne discute pas le prix de vente affiché, on se donne rendez-vous quelque part, la transaction a lieu rapidement pour des sommes de l’ordre de 300-400 euros et en général, le particulier n’y voit que du feu. Et quand il s’en rend compte, c’est trop tard…"

Lorsque ce particulier se rend compte que les billets sont faux, il doit absolument éviter de les remettre en circulation. Mieux vaut les rapporter à la banque. Bien sûr, il risque d'y perdre quelques dizaines ou quelques centaines d'euros, mais il évitera aussi les peines de prison éventuelle. Car les tarifs sont élevés pour ceux qui écoulent délibérément de la fausse monnaie risquent jusque à 5 ans de prison.

Quant aux faussaires eux-mêmes, ils risquent jusqu'à 20 de réclusion. Ce sont bien sûr des peines théoriques, tout dépendra de la gravité des faits commis et de l'appréciation qu'en fera le juge.

RTBF

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK