Sommet européen: Donald Tusk veut imprimer un nouveau style

Le président de la commission européenne Jean-Claude Juncker et le président du conseil européen Donald Tusk le 1er décembre 2014 à Bruxelles
Le président de la commission européenne Jean-Claude Juncker et le président du conseil européen Donald Tusk le 1er décembre 2014 à Bruxelles - © Emmanuel Dunand

Les dirigeants européens sont, aujourd’hui et vendredi, en réunion à Bruxelles. Les 28 vont découvrir le style de leur nouveau président, le Polonais Donald Tusk qui remplace depuis deux semaines Herman Van Rompuy. Il sera question de la situation en Ukraine bien sûr mais aussi du fameux plan d'investissements proposé par Jean-claude Juncker, un pari à 315 milliards d'euros. Les dirigeants de l'UE débattent aussi, ce jeudi, de l'avenir de leurs relations avec la Russie, engagée dans le conflit en Ukraine et plongée dans une crise financière sans précédent.

Le plan d'investissement est un pari dans la mesure où l'Union ne possède évidemment pas les 315 milliards d'euros évoqués. Mais le président de la Commission propose de créer un fonds spécial avec la banque européenne d'investissements. Un fonds de 21 milliards d'euros qui permettra de garantir -de se porter caution- pour les investisseurs privés qui viendraient financer des projets d'avenir dans l'Union. Si vous trouvez, dit Jean-Claude Juncker aux États, que 21 milliards d'euros pour appâter le secteur privé c'est trop peu, allez-y de votre poche, alimentez, vous aussi ce fonds.

Juncker espère un franc soutien des 28

Mais le souci est que, d'une part, les États veulent être certains que s'ils mettent de l'argent dans ce fonds, la Commission ne viendra pas ensuite leur tirer les oreilles en disant que leur déficit budgétaire explose. Certains états exigent que ce soit écrit noir sur blanc, alors que d'autres, comme l'Allemagne, chipotent. Autre souci, Jean-Claude Juncker a toujours juré que les projets retenus le seraient en fonction de leur intérêt et pas pour contenter tous les États membres. Mais pourquoi un État irait-il mettre de l'argent dans un fonds européen s'il n'est pas certain d'en profiter? C'est de tout cela que les dirigeants européens vont discuter. Jean-Claude Juncker lui espère un soutien franc des 28, leur engagement à ne pas traîner pour adopter les textes législatifs nécessaires au lancement de programme. L'idéal ce serait que le fonds soit opérationnel en juin prochain.

Les chefs d’État et de gouvernement doivent aussi donner leur aval au plan d'investissement de 315 milliards d'euros annoncé fin novembre par l'autre nouveau patron de l'UE, Jean-Claude Juncker, président de la Commission depuis un mois et demi.

 

Les dirigeants en sommet en pleine crise en Russie

Ils se réunissent en plein chaos financier en Russie, conséquence notamment des sanctions économiques décrétées par les Occidentaux. "La situation de l'économie russe sera dans tous les esprits", note un diplomate européen. Le président russe, Vladimir Poutine, jusqu'à présent très discret, doit s'exprimer dans la matinée lors de sa grande conférence de presse annuelle.

Donald Tusk, qui a pris ses fonctions de président du Conseil européen le 1er décembre, a programmé dès son premier sommet un débat sur la "stratégie" à adopter vis-à-vis de Moscou, selon plusieurs sources européennes. Il fut pendant sept ans Premier ministre de Pologne, un des pays les plus engagés dans la réaction européenne au conflit en Ukraine.

Aucune nouvelle sanction ne sera décidée

L'UE "n'est pas dans une logique de durcissement", affirme un diplomate. "On n'a pas trop envie de provoquer Poutine", glisse un autre. "Il faut poursuivre le travail politique", ajoute une source française.

Mardi, le président français, François Hollande, et la chancelière allemande, Angela Merkel, se sont entretenus avec M. Poutine et le président ukrainien, Petro Porochenko. Ils les ont exhortés à "reprendre les discussions" afin de "ne plus perdre de temps" pour la mise en œuvre du processus de paix.

Au delà, les 28, qui veulent maintenir le bon équilibre entre fermeté et dialogue avec Moscou, doivent réfléchir à la suite à donner aux lourdes sanctions décidées cet été, qui arriveront à échéance en juin. "Tout le monde est d'accord pour dire que les sanctions ont un impact, mais elles ne sont pas une fin en soi", estime une source européenne en soulignant que la Russie n'a pas modifié d'un iota sa politique en Ukraine.

'Money, money'

Cette crise "reste un sujet de grave préoccupation et (...) il est important que nous envoyions un message politique clair", a demandé M. Tusk.

L'UE, qui a déjà déboursé 1,6 milliard d'euros pour l'Ukraine, réaffirmera qu'elle est prête à faire plus, mais en échange de la mise en œuvre de réformes. Faute d'être invité au sommet comme il le voulait, M. Porochenko a décidé de bouder Bruxelles.

M. Tusk veut manifestement imprimer un nouveau style. Les conclusions seront nettement plus courtes qu'auparavant, de même que les débats, qu'il ne veut pas voir s'éterniser au delà de minuit. Si tous les sujets sont bouclés, la réunion prévue sur deux jours pourrait même se terminer dès jeudi soir, une première.

 

Le reportage du JT: 

 

RTBF / AFP

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