Toujours trop de camions sur les routes malgré les efforts de l'UE

Illustration - Toujours trop de camions sur les routes d'Europe
Illustration - Toujours trop de camions sur les routes d'Europe - © www.pixabay.com

Il y a toujours autant de camions qu'il y a six ans sur les routes d'Europe. C'est le constat dressé par Eurostat: 3/4 des marchandises prennent encore la route aujourd'hui. C'est la même proportion qu'il y a six ans lors de la précédente étude de l'office statistique de l'Union européenne.

La situation sur les routes européennes reste inchangée alors que dans le même temps, l'Union cherche à promouvoir d'autres modes de transport plus propres comme le train ou le transport fluvial. Mais visiblement, ça ne fonctionne pas et l'action européenne en vue d'améliorer la connexion entre les différents réseaux - routiers, ferroviaires ou fluviaux - est au point mort.

Qu'est-ce qui coince ?

Il existe pourtant des plateformes multimodales, autrement dit accessibles à tous les modes de transports. C'est le cas à Moncin, sur les rives du canal Albert. On y trouve des péniches, des camions et aussi quelques wagons. Tous les éléments nécessaires à l'intermodalité sont donc réunis. Plus de trois millions de tonnes de marchandises y sont réceptionnées par an. Surtout du vrac, comme du gravier, du sable, des pierres ou encore du sel de déneigement.

Ces marchandises sont entreposées dans les hangars, les silos ou à même le quai. Elles arrivent parfois en camion pour repartir sur une barge ou inversement. C'est ça l'intermodalité. Mais si le terminal est équipé en ligne de chemin de fer, pas un seul train de marchandises en action.

Pour Muriel Baugnée, responsable d'Europort, l'un des principaux manutentionnaires du port de Liège, ça coince avec le rail: "ce qui bloque avec le train, c'est d'arriver à avoir des prix compétitifs et d'avoir un service régulier dans la durée".

Le rail, pas au point

Le rail serait donc le maillon faible ou en tout cas un des éléments qui freine l'intermodalité. C'est ce que confirme William Todt, un spécialiste du transport de marchandise qui travaille pour l'ONG Transport & Environment : "Si vous envoyez un container d'ici à Gênes, il faut être sûr que ce container arrive. Il y a des entreprises qui font ça très bien mais il y a d'autres exemples. Ce manque de fiabilité, c'est un problème énorme. (...) Un des grands problèmes c'est qu'il n'y a pas seulement de concurrence entre la route et le rail mais aussi entre le rail pour les passagers et le rail pour les marchandises. La priorité va toujours aux passagers parce que les containers ne votent pas. Ce n'est pas acceptable dans l'économie moderne où on travaille avec le 'just in time principle'. Là, je pense que le rail a beaucoup de travail à faire".

De nouvelles infrastructures

Pour rééquilibrer l'intermodalité en faveur du train ou du transport fluvial, il faudrait investir sur de nouvelles infrastructures. Neuf corridors ferroviaires reliant les principales régions d'Europe devraient voir le jour mais pas avant 2030. On parle aussi de mettre en place des TGV de marchandises.

Mais il faudrait aussi rééquilibrer la taxation du transport routier pour le rendre moins compétitif et intégrer les coûts environnementaux liés à l'utilisation des camions. C'est toute la problématique de l'Ecotaxe en France ou de la taxe kilométrique chez nous qui devrait finalement voir le jour en 2016. Mais pour l'instant, il n'y a que six pays en Europe qui ont mis en place un tel système. Pas suffisant pour faire basculer les marchandises du camion vers le train ou les péniches.

RTBF avec le soutien de Euranet Plus , le réseau des radios européennes

 

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