Terrorisme: les changements en Europe depuis le 11 septembre 2001

Gilles de Kerchove, coordinateur européen de la lutte anti-terrorisme
Gilles de Kerchove, coordinateur européen de la lutte anti-terrorisme - © GEORGES GOBET - IMAGEGLOBE

Depuis les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis, les Européens ont mis en place, un peu dans l'urgence, toute une série de mesures. La première réaction à l'époque fut de renforcer l'arsenal législatif : prévoir une définition commune du terrorisme puni par les mêmes peines de prison partout dans l'Union européenne; obliger les États à extrader sans rechigner les suspects de terrorisme, y compris leurs propres ressortissants, ce qui n'était pas le cas avant, etc.

Les États membres de l'Union européenne se sont également mis d'accord pour geler les biens des personnes et des organisations qui ont un lien avec des terroristes. Et puis, ils ont nommé un coordinateur de la lutte antiterrorisme, chargé de traquer les failles dans le dispositif européen, chargé aussi d'empêcher les États de s'endormir entre deux attentats.

L'actuel coordinateur, le Belge Gilles de Kerchove, rappelle ainsi inlassablement aux États membres depuis des années qu'il faudrait s'intéresser de plus près aux jeunes Européens qui se radicalisent, surveiller davantage ce qui se passe sur internet mais aussi dans les prisons. Ne pas uniquement se focaliser sur la sécurité dans les avions mais aussi veiller à la sécurité des infrastructures, centrales électriques, nucléaires, etc. Et surtout, surtout, se parler, communiquer entre les États membres.

Manque de mise en commun

Et c'est un peu le cœur du problème : un manque de travail commun entre les différents services de renseignement. Même si certains observateurs estiment qu'il y a un léger mieux, d'autres se plaignent que les services de renseignements ne travaillent pas davantage ensemble et aussi avec leurs homologues hors Union européenne. Les organismes européens chargés de coordonner la lutte antiterroriste sont toujours regardés avec une certaine méfiance.

Depuis des années, une partie des Européens réclament l'établissement d'un fichier des passagers aériens comme il en existe un aux États-Unis. Les autorités américaines reçoivent de toutes les compagnies aériennes avant le départ de l'avion, les données personnelles de tous les passagers, histoire de savoir qui vient d'où pour atterrir sur le sol américain. Les Européens eux sont divisés :  indispensable pour les uns, trop intrusif pour les autres.

Le retour des jeunes partis combattre à l'étranger devrait aussi être la priorité des Européens, à nouveau avec un meilleur échange d'informations. A leur retour bien sûr mais si possible avant leur départ. Les ministres européens devraient en discuter cette semaine et les dirigeants européens dans un mois.

RTBF

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