Sommet UE: débat houleux sur la migration pour un accord sans ambition

Sommet européen: Réunion à rallonge autour d'un débat houleux sur la migration
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Sommet européen: Réunion à rallonge autour d'un débat houleux sur la migration - © MARTIN BUREAU - AFP

Un plan sans ambition, des échanges vifs et de longs débats. Le dossier délicat de l'immigration discuté par les 28 chefs d’État et de Gouvernement, réunis en sommet jeudi soir, n'a pas débouché sur de grandes avancées. L’accueil des migrants ne fait pas consensus, loin de là. Les Européens se sont mis d'accord sur un système volontaire de répartition, aux oubliettes donc le système de quotas voulu par la Commission Juncker.

L'idée de se voir imposer un nombre de réfugiés en fonction de critères comme la richesse du pays d'accueil, sa population, son taux de chômage ou encore le nombre de migrants déjà présents sur son territoire, ne passe décidément pas parmi les 28 chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne.

Les discussions ont été très longues et très tendues, elles ont provoqué la colère de Matteo Renzi. Le premier ministre italien s'est emporté contre ses partenaires : "Si c'est ça votre idée de l'Europe, vous pouvez vous la garder. Ou il y a de la solidarité, ou bien arrêtez de nous faire perdre notre temps".

L'Europe n'est pas à la hauteur de ses ambitions

Faute de consensus, les quotas sont donc passés à la trappe, mais tout n'est pas perdu pour autant. Les 28 se sont quand même mis d'accord pour que 40 000 réfugiés déjà présents sur le sol européen, en Italie ou en Grèce, soient relocalisés ailleurs en Europe. D'accord aussi pour réinstaller 20 000 autres réfugiés, actuellement en Turquie ou au Liban, dans l'Union européenne.

Cette relocalisation et réinstallation des réfugiés ne se fera que sur une base volontaire, c'est à dire uniquement dans les États membres qui le veulent bien.

Un effort modeste au regard du nombre de réfugiés dans le monde mais c'est visiblement l'effort maximum que les États membres ont bien voulu concéder lors du sommet. Le président de la Commission Jean-Claude Juncker déplore ce manque d'implication des Européens : "Vu l'ampleur du phénomène des réfugiés, donner une perspective de vie à 60 000 personnes, en fait, c'est un effort modeste. Et que nous mettions des heures à nous mettre d'accord sur le système à appliquer prouve à l'évidence que l'Europe n'est pas à la hauteur des ambitions qu'elle déclame à chaque occasion lorsqu'elle s'exprime vers l'extérieur".

Plus de 100 000 migrants sont entrés dans l'Union européenne depuis le début de l'année par la Méditerranée ou par la Turquie. Plus de 60 000 sont arrivés en Italie.

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