Politique migratoire européenne: adieu l'idée d'imposer un nombre de réfugiés?

L'une des priorités de ce sommet européen est de venir en aide aux pays qui sont en première ligne pour l'accueil des migrants
L'une des priorités de ce sommet européen est de venir en aide aux pays qui sont en première ligne pour l'accueil des migrants - © LOUISA GOULIAMAKI - AFP

Un sommet européen des chefs d'État et de gouvernement de l'Union européenne se tient à Bruxelles ces jeudi 25 et vendredi 26 juin 2015. Il y sera question du dossier grec, mais aussi de l'immigration qui sera également au cœur des débats.

L'immigration est un sujet d'actualité en Italie, en Grèce mais aussi en Hongrie. Mercredi encore, le pays des Magyars, qui doit faire face à un afflux de 50 000 migrants depuis le début de l'année, menaçait de suspendre l'application des règles européennes. Une façon de mettre la pression sur les 28 qui doivent décider de ce que seront les grands axes de la politique migratoire européenne. Cette annonce du gouvernement de Viktor Orban a suscité une réaction immédiate de la Commission européenne et de l'Autriche, son voisin le plus proche. Parce que les règles européennes sont claires : selon le Règlement de Dublin, les demandes d'asile doivent être examinées par le premier pays européen dans lequel la personne est arrivée.

Rétropédalage hongrois

Finalement, sous la pression, la Hongrie a fait marche arrière. Le pays s'exposait en effet à une procédure communautaire pour infractions aux traités européens. Mais les questions soulevées restent sur la table et en cela, la Hongrie a réussi son coup.

Ces migrants qui arrivent sur le sol hongrois viennent principalement d'Irak, de Syrie, d'Afghanistan ou encore de plusieurs pays africains et arrivent en Hongrie par sa frontière avec la Serbie. Cette route des Balkans est l'une des trois routes suivies par les personnes qui cherchent refuge en Europe. Les deux autres voies sont la Méditerranée centrale, qui débouche en Italie, et la Méditerranée orientale qui débouche en Grèce. Chacun de ces parcours voit passer environ un tiers de tous les migrants. Selon Frontex, c'est la route des Balkans qui connaît la plus forte augmentation depuis le début de l'année : 880% par rapport à l'année dernière.

Une indication de l'effort à entreprendre

Mais, pour alléger cette charge de l'accueil des migrants qui ne pèsent que sur quelques pays en Europe, la Commission européenne propose d'introduire une dose de solidarité et de répartir 40 000 réfugiés déjà arrivés dans ces pays vers les autres pays de l'Union, ceux qui sont moins exposés par l'arrivée des migrants à leur frontière.

Sauf que l'idée de se voir imposer des migrants par Bruxelles donne de l'urticaire à plusieurs États membres. Alors, pour contourner l'obstacle, les Européens pourraient décider ce jeudi de ne pas imposer un chiffre de réfugiés à accueillir pour chaque pays, mais de donner plutôt une indication de l'effort que chacun pourrait entreprendre.

La Belgique soutient activement la démarche de la Commission. Reste à voir si ces concessions suffiront à rassurer les pays les plus réticents.

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