Philippe Lamberts: "Notre plan est plus crédible que celui de Juncker"

Philippe Lamberts: "notre plan est plus crédible que celui de Juncker"
Philippe Lamberts: "notre plan est plus crédible que celui de Juncker" - © Mathieu Cugnot

On le sait, la Commission européenne propose un plan d’investissement de 315 milliards d’euros pour relancer l’investissement et la croissance en Europe. Les chefs d’État et de gouvernement en discuteront la semaine prochaine lors d'un sommet à Bruxelles. Mais d’ici là, les idées foisonnent, les groupes politiques émettent chacun de leur côté des contrepropositions à celle faite par Jean-Claude Juncker.

Parmi ces contrepropositions, notamment le projet défendu par les Verts dont le postulat est simple : un plan censé créer de nouveaux emplois doit passer impérativement par des investissements dans la transition énergétique. Une manière en quelque sorte de faire d’une pierre deux coups, créer des emplois verts et permettre à l’Europe d’atteindre ses objectifs de lutte contre le réchauffement climatique, d’efficacité énergétique, etc.

Les Verts proposent un plan simple, en tout cas d'un point de vue technique : il faut opérer un shift fiscal autrement dit, supprimer les subsides destinés aux énergies fossiles et les faire glisser vers le renouvelable.

Un plan à 750 milliards d'euros sur trois ans

Pour Philippe Lamberts (coprésident du groupe des Verts au Parlement européen), c'est imparable : "Aujourd'hui les Européens continuent à donner des subsides fiscaux aux énergies fossiles. On est en train d'annuler tous les subsides qu'on donne aux énergies renouvelables mais on continue à les donner aux énergies fossiles. Notre plan : donnons nous l'objectif de réduire au moins de moitié les subsides fiscaux qu'on donne aux énergies fossiles qui s'élèvent à 200 à 300 milliards par an. Donnons nous l'objectif de commencer à les réduire dans trois ans et de les réduire de moitié d'ici cinq ans. Ce sont des recettes fiscales qui dans cinq ans vont rentrer dans les caisses. Ces recettes fiscales, nous voulons les dépenser à partir d'aujourd'hui. Et donc ce que nous proposons, c'est un mécanisme où - via des crédits d'impôts différé -, nous permettons de monétiser aujourd'hui les gains fiscaux que nous ferons demain".

Une perspective intéressante et techniquement réalisable. Mais, et c'est souvent là où le bât blesse dans l'Union, il faut une réelle volonté politique pour y parvenir. Or, on voit mal comment les États vont couper leurs subsides aux énergies fossiles du jour au lendemain et surtout, comment ils vont se mettre d’accord fiscalement à 28 sur un tel projet. Les Verts sont conscients des  obstacles mais insistent sur la nécessité stratégique de le faire. Le plan des Verts permettrait de mobiliser 750 milliards sur trois ans.

Plan de Juncker: personne n'y croit

A l’époque où Jean-Claude Juncker avait annoncé son plan d’investissement à 315 milliards, les Verts avaient parlé de slogan à propos de ce chiffre. Alors qu'en est-il de ce nouveau chiffre annoncé par les Verts? Pour Philippe Lamberts, le chiffre des Verts n'est lui pas un slogan mais une évaluation : "C'est une évaluation et elle est plus modeste dans le sens où dans ce plan, nous voulons mobiliser pour un euro d'argent public, deux euros d'argent privé ce qui est modeste et raisonnable. Et le montant de 250 milliards d'argent public, c'est une réduction de 250 milliards de subsides aux énergies fossiles que nous réutilisons pour investir dans la transition énergétique. Donc c'est fiscalement neutre et, sur trois ans, ce sont des montants tout à fait modestes. Donc je pense qu'il est beaucoup plus crédible que le plan de Juncker qui en fait souhaite mobiliser quinze euros d'argent privé pour un euro public. Et donc là, personne n'y croit".

En d'autres termes, l'effet levier du plan d’investissement des Verts propose un rapport de un à quatre : un euro d’argent public rapporterait quatre euros d’argent privé.

RTBF avec le soutien de Euranet Plus , le réseau des radios européennes

 

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