P. Lamberts: "C'était plus facile d'éliminer une candidate libérale"

P. Lamberts: "C'était plus facile d'éliminer une candidate de la famille libérale"
P. Lamberts: "C'était plus facile d'éliminer une candidate de la famille libérale" - © Flickr-FriendsofEurope

L'entrée en fonction de la Commission aura donc probablement du retard après le rejet et la renonciation de la candidate Slovène. Elle n'était pas la seule candidate à poser des problèmes mais les candidats décriés prendront quand même place au sein de la Commission Juncker. C'est le résultat de tractations entre les deux groupes les plus importants au Parlement européen. Alors ces auditions ont-elles vraiment une utilité? Pour Philippe Lamberts, eurodéputé et coprésident du groupe des Verts européens, elles ont en tout cas le mérite de la transparence.

Les deux grands groupes politiques, à savoir le Parti populaire européen (PPE) et l'Alliance progressiste des socialistes et démocrates (S&D) se sont arrangés pour ne pas toucher au très controversé démocrate chrétien espagnol Miguel Arias Cañete et par ricochet, au socialiste français Pierre Moscovici. Le Parlement est d'ailleurs assez friand de ces petits arrangements entre amis liés au fait qu'aucun grand groupe n'a la majorité au Parlement.

Accord au sein du Parlement

Pour Philippe Lamberts, eurodéputé belge du groupe des Verts, le processus des auditions des candidats commissaires devant le Parlement n'est pas complétement satisfaisant: "Il n'est pas tout à fait satisfaisant dans la mesure où il y a une série de commissaires qui, visiblement, n'ont pas les compétences requises pour le poste. La plupart d'entre eux se sont bien abstenus pendant toutes les auditions de répondre quoi que ce soit de concret aux questions qu'on leur posait. Visiblement, ils ne voulaient pas prendre de risque. De ce point de vue là, ce n'est pas tout à fait satisfaisant".

Philippe Lamberts regrette également que les candidats désignés n'aient pas été jugés sur leurs seules compétences mais bien en fonction des accords au sein du Parlement: "Il y a eu une forme d'accord entre les deux grandes familles politiques pour éviter de mettre en difficulté l'un de leur candidat. De sorte que c'est une candidate slovène qui saute parce les libéraux ne font pas partie du grand deal entre socialistes et PPE. Il était donc plus facile d'éliminer une candidate venue de cette famille politique là".

Le mérite de la transparence

Mais ces grands marchandages sont un peu le lot classique des accords dans une coalition. Et d'ailleurs, pour Philippe Lamberts, si le processus n'est pas tout à fait satisfaisant, il a toutefois le mérite d'être transparent: "L'avantage du dispositif des auditions c'est que ça rend tout ça visible. C'est évident que c'est le genre de difficultés auxquelles sont confrontées à peu près toutes les coalitions. Et je suis sûr qu'on va le voir en Belgique. C'est pas toujours la personne la plus qualifiée pour le poste qui l'obtient. Les auditions rendent cela plus visibles. (...) Il est évident que la candidate slovène qui a été éliminée n'était pas compétente, elle n'a vraiment rien répondu pendant son audition. Mais à cette aune, d'autres auraient dû également être éliminés".

Quant à la crédibilité de la Commission dans son ensemble, ce processus devrait y contribuer d'après Philippe Lamberts: "J'aimerais bien qu'il y ait de telles auditions dans les différents pays de l'Union européenne, ça permettrait de se faire une meilleure idée à la fois des compétences des candidats mais aussi éventuellement de leurs conflits d'intérêts. Évidemment, dans un monde idéal, il faudrait que le Parlement tire les conclusions lorsque les réponses ne sont pas satisfaisantes. On voit là les limites de l'exercice. Mais je pense quand même que la transparence c'est une plume supplémentaire au chapeau de l'Europe plutôt que l'inverse".

RTBF avec le soutien de Euranet Plus, le réseau des radios européennes

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