Migrants: l'UE pourrait s'inspirer de l'opération Atalante en Méditerranée

Migrants: l'UE pourrait s'inspirer de l'opération Atalante en Méditerranée (Illustration)
Migrants: l'UE pourrait s'inspirer de l'opération Atalante en Méditerranée (Illustration) - © Flickr-Noborder Network

Les naufrages successifs de bateaux de migrants ces derniers jours ont fait des centaines de morts. L'Union européenne cherche des solutions pour éviter que de tels drames se produisent à nouveau. Certains demandent une sévérité accrue à l'égard des passeurs, et citent en exemple l'opération européenne de lutte contre la piraterie Atalante.

Atalante, c'est l'opération mise en place par l'Union européenne pour lutter contre la piraterie dans l'océan indien qui est le théâtre d'actes fréquents de piraterie. En 2008, près de 300 bateaux ont été attaqués, les pirates ont disparu avec une cinquantaine de ces navires, pas loin de 900 marins ont été enlevés, souvent en attente d'une rançon, des prises d'otages qui peuvent durer des mois. Une trentaine d'entre eux sont morts.

Les bateaux du programme alimentaire mondial, chargés de nourriture destinée aux Somaliens, étaient les plus attaqués mais finalement tout navire qui passait au large du Kenya, de la Somalie ou du Yémen prenait d'immenses risques.

Déploiement de navires de guerre

C'est pourtant par cette zone que transite une bonne partie du commerce mondial et c'est notamment cela qui a poussé la communauté internationale à réagir. Le Conseil de Sécurité des Nations Unies a adopté plusieurs résolutions permettant le déploiement de navires de guerre au large des côtes somaliennes. Pour protéger les navires du programme alimentaire mondial donc, mais aussi tous les navires vulnérables.

Avec l'accord du gouvernement transitoire de Somalie, certaines opérations à terre ont même été lancées pour poursuivre des pirates, détruire leur vedettes, parfois dernier cri, confisquer et détruire leurs armes et confisquer l'argent qu'ils détiennent. Parfois même les arrêter pour les traduire en justice, y compris en Europe. Plusieurs pirates ont été jugés aux Pays-Bas, en Espagne et même en Belgique.

Cette opération européenne travaille en coopération avec la force de l'Otan, et outre les navires de guerre et les avions et hélicoptères prêts à intervenir, plusieurs États ont choisi de placer des militaires sur certains navires marchands pour répondre aux éventuelles attaques, qui depuis, sont en chute libre.

Traquer les passeurs, détruire leur matériel

Depuis plusieurs années, l’Italie demande une sorte d’opération Atalante pour lutter contre les passeurs. En décembre 2003, l'Italie demandait déjà que l'on s'attaque plus directement aux réseaux. En clair, que l'on traque les passeurs et que l'on détruise leur matériel et notamment les bateaux poubelles qui se transforment en cercueil. Matteo Renzi, l'actuel chef du gouvernement italien, parlait même d'actions ciblées contre des passeurs, non plus dans les eaux territoriales de l'Union européenne mais aussi dans les eaux libyennes. Empêcher les passeurs d'utiliser leurs bateaux, empêcher les départs, arrêter les trafiquants, confisquer leur matériel, etc.

Mais pour cela, il faudrait soit que la Libye le demande, et aujourd'hui il est compliqué de savoir qui dirige quoi en Libye, le pays est totalement divisé. Bien sûr, l'Union annonce qu'elle soutiendra un gouvernement d'union nationale, mais on n'y est pas. Ou alors travailler sous résolution de l'ONU, mais donc cela suppose un accord de la Russie, et pour le moment, les relations entre l'Union européenne, les États-Unis et la Russie ne sont pas forcément à la coopération.

Matteo Renzi réclame des actes, moins de paroles

Mais ce point sera, entre autres, à l'ordre du jour du Conseil européen extraordinaire de jeudi même si aucune décision sur ce point précis ne sera prise. Il s'agira surtout d'examiner la possibilité de mettre en place une telle opération. En revanche, il devrait y avoir des décisions sur le renforcement des contrôles dans les eaux territoriales européennes et le partage de l'accueil entre les différents États membres. Les questions sanitaires seront aussi abordées : la Grèce et l’Italie réclament une aide pour accueillir des migrants souvent en mauvaise santé, affaiblis, et parfois blessés après leur traversée. Matteo Renzi a prévenu qu'il voulait des actes jeudi, pas simplement des paroles.

RTBF

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