Lutte contre le terrorisme: remise en question de l'espace Schengen

En bleu les pays participant à l'espace Schengen, les futurs membres en vert
En bleu les pays participant à l'espace Schengen, les futurs membres en vert - © Wikimedia-Ssolbergj

Ce dimanche, plusieurs ministres de l'intérieur dont le Belge Jan Jambon et son homologue espagnol, ont demandé une modification du fonctionnement de Schengen, cette zone de libre circulation sans contrôle systématique aux frontières internes des pays qui y participent.

La plupart des États membres de l'Union européenne, excepté la Grande-Bretagne qui n'en veut pas, font partie de l'espace Schengen. L'Irlande se dit prête à en faire partie mais rechigne toujours un petit peu et d'autres États membres sont considérés comme n'étant pas encore prêts. C'est le cas de la Croatie, la Roumanie, la Bulgarie et Chypre. En revanche, on y ajoute la Suisse, la Norvège, l'Islande et le petit Liechtenstein qui eux ne font par partie de l'Union européenne mais bien de l'espace Schengen.

Entre ces pays qui participent à l'espace Schengen, il n'y a plus de contrôles systématiques aux frontières internes. Entre la France et l’Espagne ou entre la Belgique et l’Allemagne par exemple. Un État peut refermer ses frontières lorsque sa sécurité publique est en jeu. Au moment des compétitions internationales de foot, la France par exemple a rétabli les contrôles systématiques. Mais c'est temporaire, très encadré et soumis à la surveillance de la Commission européenne.

A noter qu'évidemment, la suppression des contrôles à l'intérieur de cet espace de libre circulation se combine avec des contrôles renforcés aux portes de Schengen, un système informatique reprend toutes les personnes recherchées, indésirables, les biens volés, etc., et ce système se trouve à tous les postes frontières extérieurs de Schengen.

Remise en question de Schengen

Pourtant, plusieurs ministres remettent l'espace Schengen en question ces jours-ci. Le ministre espagnol évoquait ce dimanche le retour des contrôles à l'intérieur même de l'espace. Il reconnaissait que ça demanderait de sérieux changements dans les textes fondateurs de l'espace Schengen puisque cette absence de contrôles systématiques, c'est un peu l'ADN de Schengen. Rappelons que dans Schengen, un état peut tout à fait contrôler qui est sur son territoire.

Autre approche, la piste française. La France veut travailler sur le contrôle aux frontières extérieures de l'espace Schengen. Aux frontières extérieures de l'Union, les contrôles sont déjà renforcés mais il faut nuancer : un passager arrivant de Russie à Zaventem, s'il est Belge, on vérifiera juste son identité mais s'il s'agit d'un Russe ou d'un Canadien qui arrive de Moscou, on va vérifier son passeport, son visa Schengen, s'inquiéter de la raison de son voyage et surtout on va vérifier dans la base de données Schengen s'il n'est pas recherché ou indésirable dans l'espace Schengen.

Or, les jeunes Européens qui reviennent de Syrie ou d’Afghanistan sont précisément des Européens et sont donc peu contrôlés à leur retour sur le sol européen. C'est l'un des reproches français au système Schengen. Déjà au moment de la fusillade du musée juif de Bruxelles, la France avait demandé que l'on corrige cette procédure qui veut finalement qu'on ne se méfie que des étrangers et pas de ses propres ressortissants.

L'idée serait d'établir une liste de critères objectifs qui permettraient aux douaniers de soumettre un passager, même Européens, à un contrôle plus poussé. Évidemment, la liste des critères objectifs ne sera pas facile à établir. Et puis  il faudra ensuite déployer les moyens pour le surveiller, vérifier qu'il ne fait pas partie des jeunes qui reviennent pour commettre des attentats.

RTBF

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