Les élections en Grèce suivies de près par les partis anti-austérité

Alexis Tsipras, le leader de Syrisa et Pablo Iglesias, le leader de Podemos
Alexis Tsipras, le leader de Syrisa et Pablo Iglesias, le leader de Podemos - © DANI POZO - BELGAIMAGE

Les élections de ce dimanche 25 janvier en Grèce sont suivies de très près par les autres partis de gauche radicale en Europe. Une victoire de Syriza en Grèce créerait en effet un précédent dans l’Union européenne et serait porteur d’espoir pour d'autres partis anti-austérité comme par exemple Podemos en Espagne. Le jeune parti espagnol est nait du mouvement des indignés qui avait débuté sur la Puerta del Sol à Madrid en mai 2011. Une victoire de Syriza serait vécue comme un formidable encouragement pour ceux qui ont rejoint les rangs de Podemos.

Créé il y a seulement un an, Podemos est déjà en tête des sondages en Espagne. Cette formation d'un nouveau genre partage avec Syriza un même combat contre la troïka (Banque centrale européenne, Commission européenne, Fonds monétaire international).

Les deux formations entretiennent des contacts réguliers. En octobre dernier, Alexis Tsipras, le leader de Syriza, avait participé au congrès de Podemos. Il s'était affiché avec la nouvelle coqueluche de la politique espagnole Pablo Iglesias. Ce brillant professeur de science politique de 37 ans au style vestimentaire décontracté est en fait un redoutable orateur.

Chacun prêche pour les siens

Pablo Iglesias répète depuis plusieurs mois qu'il souhaite la victoire de Syriza. Les deux partis s'opposent aux politiques d'austérité, ils veulent repenser le problème de la dette et tous deux puisent leur popularité sur le ras le bol et le malaise démocratique qui s'exprime dans le sud de l'Europe. Mais la trajectoire des deux partis reste différente : Syriza assume son ancrage à l'extrême gauche tandis que Podemos préfère jouer la carte du "ni droite ni gauche" et rejette les idéologies.

De son côté le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy s'est rendu à Athènes pour appuyer la candidature de Antónis Samarás, l'actuel premier ministre grec et leader de la droite. Rajoy a des mots aussi durs contre Podemos que contre Syriza mais en réalité, selon plusieurs analystes, une victoire de la gauche radicale et une possible dégradation en Grèce peuvent le servir. Cela pourrait avoir un effet repoussoir en Espagne et décourager nombre d'électeurs de voter Podemos aux prochaines élections.

RTBF

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