La fraude du FN au Parlement UE s'éleverait à 7,5 millions d'euros

Marine Le Pen, la présidente du Front national, parle de "dénonciation calomnieuse"
Marine Le Pen, la présidente du Front national, parle de "dénonciation calomnieuse" - © PHILIPPE HUGUEN - BELGAIMAGE

Vingt assistants du Front national français sont suspectés de ne pas travailler pour le Parlement européen alors qu'ils sont rémunérés par l'institution. C'est une information révélée par le quotidien français Le Monde. Au sein du Front national, on parle de "dénonciation calomnieuse".

Ce sont les salaires versés à vingt assistants parlementaires européens du Front National qui sont en ligne de mire. Mais pour qui travaillent-ils vraiment ? Ces assistants apparaissent en tout cas sur l'organigramme national du parti, ils auraient donc des responsabilités politiques au sein même du Front national français alors qu'ils devraient travailler au niveau européen pour les députés FN siégeant au Parlement. Le préjudice est estimé à 7,5 millions d'euros pour l'ensemble de la législature.

Le Président du Parlement européen, Martin Schulz, a donc saisi l'Office européen de lutte antifraude qui doit décider ou non d'ouvrir une enquête qui durerait plusieurs mois. Martin Schulz a aussi écrit à la ministre française de la Justice, Christiane Taubira, pour lui faire part de ses soupçons. Le parquet français pourrait donc se saisir du dossier pour financement illicite de parti politique.

Au Front national, les réactions se multiplient : le vice-président du parti, Florian Philippot, qualifie le dossier d'"affaire bidon". De son côté, Marine Le Pen, la présidente, a annoncé sur Twitter son intention de déposer "une plainte pour dénonciation calomnieuse".

Par ailleurs, interrogée à Strasbourg - où elle participait à une session plénière ce mardi - sur l'ouverture de cette enquête, Marine Le Pen évoque une manipulation grossière et indigne.

©Wikimedia-Jérémy Jännick

Mais ce n'est pas la première fois que le Parlement européen est secoué par un scandale lié aux assistants. Dans le passé, on a connu un eurodéputé qui avait engagé le manager du club de foot de sa ville comme assistant. Un autre avait choisi sa grand-mère, qui n'avait évidemment jamais quitté son village. Une autre, sa fille encore en âge d'obligation scolaire. Le tout sans compter la multitude d'assistants motivés et travailleurs qui eux devaient se contenter de salaires de misère parfois même sans contrat de travail.

Après plusieurs actions de protestation des assistants au début des années 2000, le Parlement européen a instauré un véritable statut de l'assistant. Un député ne peut plus engager un membre de sa famille. Les assistants sont désormais sous contrat avec le Parlement et rémunérés directement par le Parlement. Le député peut ensuite engager des assistants locaux qui travaillent dans sa permanence locale. Ceux là sont employés directement par le parlementaire, sous contrat local du pays où il travaille.

Mais en tout état de cause, tout assistant payé par des fonds européens doit bosser sur les dossiers européens. Or dans le cas du Front national, le Parlement constate que plusieurs assistants apparaissent très haut dans l'organigramme du parti, leur fonction n'est donc pas européenne. En outre, plusieurs de ces assistants ne travaillent pas pour le député avec qui ils ont signé un contrat.

RTBF

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