L'UE et la Suisse ne parviennent pas à réchauffer leurs relations

Simonetta Sommaruga, présidente de la Confédération suisse, et Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne
Simonetta Sommaruga, présidente de la Confédération suisse, et Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne - © EU/Etienne Ansotte

Les relations helvético-européennes n'ont jamais été faciles mais depuis un an quasi jour pour jour, les relations entre la Suisse et l'Union européenne se sont carrément refroidies et personne ne voit vraiment comment les réchauffer. On a encore pu le constater ces derniers jours lors de la visite de la présidente de la Confédération helvétique.

Les relations entre la Suisse et l'Union européenne se sont détériorées depuis la fameuse votation du 9 février 2014 50,3% des Suisses ont demandé le retour de la préférence nationale en matière d'emploi et l'instauration de quotas pour les travailleurs étrangers, y compris pour les Européens. Jusqu'à présent, il existait une règle simple : les Suisses pouvaient librement circuler et travailler dans l'Union et les Européens pouvaient librement circuler et travailler en Suisse.

Mise en question des relations

Après la remise en cause de cette libre circulation, le ton est monté entre Berne et l'Union : si l'accord de libre circulation entre les deux parties est remis en cause par la Suisse, alors les Européens ont bien le droit de remettre en cause une série d'autres accords.

Tout cela a donc jeté un froid d'autant que Suisses et Européens envisageaient de renforcer encore leurs accords notamment en matière d'énergie. Mais les Européens veulent un cadre institutionnel : qui contrôle le respect des accords; comment évoluent les accords bilatéraux si le droit européen évolue, etc. Des négociations déjà bien compliquées avant mais qui sont encore un peu plus crispées depuis la votation. C'est en fait un peu toute la relation Suisse-Union européenne qui est en question.

Du berger à la bergère

Depuis un an donc, en réponse à la votation suisse, les Européens ont gelé certaines négociations en cours avec la Suisse et ont suspendu sa participation à plusieurs programmes européens. Et rien ne laisse présager un prochain dégel même si la présidente suisse Simonetta Sommaruga était à Bruxelles ces jours-ci.

A la sortie de sa rencontre avec Jean-Claude Juncker, la présidente suisse a bien dû constater que les Européens étaient toujours aussi fermes : pas question de revoir cette libre circulation. La Commission et la Suisse ont toutefois convenu d'avoir des échanges de vues réguliers, au plus haut niveau, donc au niveau politique.

"Nos positions sont très éloignées"

Jean-Claude Juncker semble ne pas se faire beaucoup d'illusions : "Je ne suis pas optimiste outre mesure puisque le sujet dont nous aurons à débattre est un sujet difficile".

Simonetta Sommaruga reconnait aussi que les négociations vont être difficile : "C'est vrai que c'est difficile. Et on a vu aujourd'hui encore dans notre entretien que nos positions sont très éloignées. La marge de manœuvre est petite pour les deux".

Que propose la Suisse?

Le gouvernement suisse devrait présenter dans une semaine ou deux l'amendement législatif qui tiendra compte de cette votation. On sait que les Suisses imagineraient bien un système de contingents, de quotas d'Européens. Mais pour les Européens, un peu agacés par ce feuilleton, la réponse est claire : c'est non.

Les Européens sont d'autant plus agacés en fait, qu'ils savent que toute concession sur la libre circulation des Européens sera immédiatement brandie comme un trophée par la Grande-Bretagne qui veut aussi pouvoir limiter le nombre d'Européens qui s'installent sur l'île.

Le gouvernement suisse doit intégrer le résultat de cette votation dans la législation suisse avant février 2017 tout en évitant autant que faire se peut une guéguerre avec l'Union.

Anne Blanpain

RTBF

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