Johan Van Overtveldt: l'échec de la Grèce, pas du programme d'aide

Johan Van Overtveldt, ministre fédéral des Finances.
Johan Van Overtveldt, ministre fédéral des Finances. - © ERIC LALMAND - BELGA

La Grèce demande une extension du programme d'aide que le parti de la gauche radicale Syriza avait pourtant tant combattu. Ce lundi, elle doit faire part des mesures qu'elle est prête à réaliser, alors que les ministres des Finances de la zone euro pourraient s'entretenir à ce sujet mardi avec, parmi eux, Johan Van Overtveldt (N-VA), ministre fédéral des Finances. Ce dernier était l'invité de Matin Première ce lundi matin. Pour lui, ce programme est la bonne voie à suivre, mais la Grèce ne l'a jamais exécuté comme elle aurait dû.

La conclusion est quelque peu inattendue tant Alexis Tsipras et ses troupes semblaient décidés à ne pas plier. Cela pourrait sonner comme une victoire pour ceux qui, comme le ministre des Finances Johan Van Overtveldt, ont toujours vu l'austérité comme le seul chemin possible pour sortir la Grèce de cette crise. "Je ne voudrais pas parler de victoire ou de défaite dans cette discussion, indique le ministre. On a fait une proposition à la Grèce et maintenant nous en sommes là. Il est pour moi important que la Grèce reste dans le programme actuel, c'est la meilleure solution pour le pays et pour le futur de l'union monétaire".

Les 18 ministres des Finances de la zone euro pourraient se prononcer sur cette liste lors d'un Eurogroupe téléphonique ce mardi, après que la "troïka" - UE, BCE et FMI - auront émis leur avis. 

Et si la Grèce et le gouvernement d'Alexis Tsipras leur proposaient dans ces réformes la hausse du salaire minimum, l'augmentation des petites retraites, ou encore l'arrêt des privatisations… seront-ils prêts à accepter toutes les réformes, y compris celles que Syriza avait inscrites dans son programme ? "Non, pas du tout, parce que nous avons bien mis sur papier que les réformes que le gouvernement grec veut faire doivent être en ligne avec le programme existant. Et ces quelques mesures ne sont pas exactement en ligne avec ce programme. Si la liste du gouvernement grec contient ces éléments-là, alors ce sera très difficile".

Pas de "programme humanitaire"

Malgré ce qu'Alexis Tsipras espérait et avançait, la marge de manœuvre serait à peu près la même qu'auparavant. Elle est "très limitée", admet Johan Van Overtveldt, soulignant l'importance du respect des règles dans une union monétaire, et ce aussi bien pour la Grèce que pour les autres pays membres, dont la Belgique.

L'ensemble de ces États va donc jusqu'à refuser le "programme humanitaire" que Syriza souhaite mettre en place, avec notamment un accès pour tous aux soins de santé. "Il faut certainement et auparavant assainir l'économie, car, sinon, ces programmes ne peuvent pas être tenus longtemps. Il faut quand même trouver des solutions qui soient un peu structurelles, un peu fondamentales. (…) La crise humanitaire en Grèce est une chose que tout le monde reconnaît, mais il faut faire les choses dans le bon ordre, c'est pourquoi la Grèce doit tenir les engagements qu'elle a pris dans le programme existant."

Un échec dû aux gouvernements grecs

Mais celui-ci suffit-il? La Grèce pourra-t-elle rembourser sa dette grâce à ce programme? Au-delà du clivage gauche-droite, bien des économistes affirment que non. "Il s'agit surtout d'essayer d'avoir de nouveau une période de croissance économique et d'emplois additionnels en Grèce", répond Johan Van Overtveldt.

D'après le ministre des Finances, l'échec constaté jusqu'ici avec ce programme n'est en rien lié à ce que ce dernier contient, mais est dû à sa mauvaise exécution par les différents gouvernements grecs. Ils "n'ont pas du tout fait ce qui a été demandé au niveau des restructurations de l'économie, du secteur public, mais aussi et surtout au niveau de l'évasion fiscale, un problème énorme pour la Grèce."

T. Mignon

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