ESA: 40 ans de coopération spatiale européenne au service du citoyen

Agence spatiale européenne:
Agence spatiale européenne: - © ESA/ATG medialab

L'arrivée du robot Philae sur la comète Tchouri occupe le devant de l'actualité depuis plusieurs jours. L'opération est menée par l'Agence spatiale européenne, l'ESA, qui va fêter ses 40 années d'existence en 2015. L'occasion de revenir sur le fonctionnement de l'agence mais aussi sur ses réussites et ses échecs.

L'agence spatiale européenne n'est pas à proprement parler une institution de l'Union européenne. Seuls 19 états membres de l'Union y participent auxquels il faut ajouter la Suisse. Le Canada coopère aussi ponctuellement sur certains dossiers. Le budget total de l'ESA s'élève cette année à quatre milliards d'euros, quatre fois moins que sa grande sœur américaine la NASA.

Si tous les états membres de l'Union ne participent pas, il n'en reste pas moins que l'Union paie un cinquième du budget de l'ESA. Et le traité européen donne clairement mission à l'Union de "tisser tous les liens nécessaires avec l'ESA". En gros, on a d'un côté l'Union européenne qui discute des décisions stratégiques en terme de politique spatiale, et de l'autre, l'Agence spatiale européenne qui est chargée de mettre le tout en musique.

Petit budget mais compétences en commun

Malgré son (relatif) petit budget, le gros atout de l'Agence spatiale européenne est de pouvoir mettre en commun les compétences techniques de ses 20 membres. Il existe bien sûr pour chaque pays une contribution obligatoire aux programmes de recherche et au budget de fonctionnement de l'ESA; et puis à côté, les projets que les États choisissent ou non de financer en fonction de leur compétences, de leur industrie,... L'ESA veille au juste retour des investissements consentis : si la Belgique par exemple engage une certaine somme dans un certain programme, elle recevra en retour un certain nombre de contrats pour ses entreprises.

Palmarès de l'Agence spatiale européenne

On a beaucoup évoqué ces derniers jours la sonde Rosetta et son robot Philae mais la politique spatiale européenne a connu d'autres succès. Il y a notamment le fameux lanceur de satellites Ariane qui permet une certaine concurrence avec les lanceurs américains et russes. On peut aussi citer des programmes moins connus d'observation de la terre ou des océans, ou encore des satellites météo,... Avec toujours un grand principe, la politique spatiale de l'Union doit être tournée vers le citoyen. C'est pour cela sans doute que jusqu'à présent, l'ESA n'évoque pas de projets de vols habités vers la Lune ou vers Mars.

Galileo, l'épine dans le pied de l'ESA

Une note un peu moins positive à épingler, l'autre grand projet de politique spatiale de l'Union, le fameux Galileo. Ce système de géolocalisation européen devait faire concurrence au système américain GPS. Un système géré par des civils contrairement à ce qui se passe aux États-Unis. Mais le dossier a pris pas mal de retard notamment, d'après un rapport de la cour des comptes, en raison de problèmes de gouvernance : tout le monde voulait gérer le programme, tout le monde voulait un centre Galileo chez lui, tout le monde voulait toujours plus de retombées pour ses entreprises.

Mais si le projet a pris du retard, c'est aussi parce que Galileo comptait sur un financement privé qui ne voulait pas mettre les pieds dans un tel sac de nœuds. Finalement, le financement sera uniquement public, ce qui devrait aider. Le système devrait donc entrer en fonction en 2019 ou 2020 si tout se passe bien. En effet, en août dernier, deux satellites Galileo se sont retrouvés sur la mauvaise orbite, ce qui les rend inutilisables...

RTBF avec le soutien de Euranet Plus, le réseau des radios européennes

 

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