Élections en Grèce: pourquoi la gauche radicale fait trembler l'UE?

Alexis Tsipras, leader du parti grec d'extrême gauche Syriza
Alexis Tsipras, leader du parti grec d'extrême gauche Syriza - © Alexis Haulot

Les élections législatives en Grèce inquiètent les Européens. Pourtant, en soi, le président ne joue qu'un rôle plutôt symbolique. Mais cette élection présidentielle, c'est surtout un test pour le gouvernement actuel de centre droit. Antonis Samaras n'est pas parvenu à imposer son candidat président au Parlement grec ce mercredi et n'a d'autre choix que de convoquer des élections législatives anticipées. Or, c'est justement ce que craignent les Européens puisque le grand favori de ces élections est le leader de gauche radicale Alexis Tsipras.

Si Alexis Tsipras fait tellement peur aux Européens, c'est qu'il est le principal adversaire de l'austérité en Grèce. Une austérité réclamée, quoi qu'elle en dise, par l'Union européenne. Alexis Tsipras n’évoque pas une sortie de la Grèce de la zone euro mais en revanche, il voudrait sortir du plan d’aide européen à son pays, trop contraignant à ses yeux.

Mais sans ce plan d’aide, la Grèce ne recevra plus d’argent européen et difficile d’imaginer que sans la garantie de ses partenaires, la Grèce trouve de l’argent à des taux raisonnables sur les marchés. Sachant que les marchés font d'ailleurs déjà peu confiance à Antonis Samaras, on voit mal comment ils pourraient faire confiance à Alexis Tsipras, plutôt sévère avec les marchés.

Une dette à 177% du PIB

L'autre problème de la Grèce c'est aussi cette dette gigantesque dont on dit qu’elle pourrait atteindre 177% du PIB et que Alexis Tsipras veut renégocier. Il faut reconnaître qu’il n’est pas le seul à vouloir le faire. Et les Européens eux-mêmes avaient promis qu’ils s’attaqueraient à cette montagne de dette si en 2015 elle n’avait pas drastiquement baissé.

Mais pour le moment, il n’y a pas d’accord entre les 28 pour effacer une partie de cette dette. Le fonds monétaire international le recommande pourtant mais, souci, la dette grecque est actuellement principalement détenue par les États membres, le fonds monétaire international (FMI) et la banque centrale européenne (BCE). On peut difficilement demander un nouvel effort au secteur privé comme les banques, les assurances, etc. à qui on a d'ailleurs déjà demandé de laisser tomber la moitié de leurs créances et d’allonger les délais de remboursement. Donc, si on se dirige vers une renégociation de la dette grecque, tous les regards se tournent vers les créanciers publics, c'est-à-dire les contribuables.

Vers un scénario 'fin du monde'?

Il y a bien une inquiétude réelle de voir la Grèce replonger la zone euro dans l'incertitude. Mais les marchés le savent, les Européens sont tombés de haut il y a cinq ans quand la Grèce a plongé. Les Européens qui savaient que la Grèce trafiquaient ses bilans budgétaires mais qui détournaient pudiquement les yeux vont finalement découvrir l'ampleur des fraudes et erreurs en tous genres.

Ensuite, les traités ne les aidaient pas : le traité prévoyait qu'en cas de souci, chaque État se devrait se débrouiller seul. Les Européens ont donc dû gérer l'urgence et tordre la réalité pour ne plus heurter le traité. La banque centrale européenne n'avait pas non plus imaginé devoir gérer une crise aussi aigüe.

Mais aujourd'hui, les Européens sont rodés. La banque centrale européenne a annoncé haut et clair qu'elle viendrait au secours de tous les pays en difficulté, il vaudrait mieux que ça n'arrive pas mais le message aux spéculateurs est clair : si vous attaquez la zone euro, je mettrai les liquidités qu'il faut pour la maintenir à flot.

La situation grecque s'est un peu améliorée, pas pour la population, mais disons qu'a priori, les Européens connaissent tous les cadavres de toutes les armoires grecques et d'une bonne partie des banques européennes. Le contexte est donc très différent d'il y a cinq ans et même si un défaut de paiement grec serait une catastrophe et donnerait un très mauvais signal sur la solidité de la zone euro, les Européens sont mieux armés qu'en 2010.

RTBF avec le soutien de Euranet Plus , le réseau des radios européennes

 

Et aussi

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK