Culture d'OGM en Europe: "Chacun fait, fait, fait, c'qui lui plaît…"

L’Euro pourra autoriser les OGM, mais les Etats  auront la possibilité de les interdire.
L’Euro pourra autoriser les OGM, mais les Etats auront la possibilité de les interdire. - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Les organismes génétiquement modifiés (OGM) seront bientôt plus facilement autorisés à la culture dans l'union européenne. Les députés chargés des questions d'environnement ont adopté un projet de texte qui permettra à un Etat membre qui ne veut pas d'OGM chez lui de les interdire sur son territoire alors même qu'ils auront été autorisés au niveau européen. Et c'est paradoxalement cette interdiction nationale qui facilitera la culture des OGM.

Aujourd'hui, les états membres n'arrivent jamais à se mettre d'accord ni pour autoriser ni pour interdire la culture d'OGM sur le sol européen. La Commission selon la législation européenne pourrait prendre elle-même la décision mais elle refuse de le faire jusqu'à présent. Le problème est que la justice européenne a sommé l'Union de donner une réponse positive ou négative aux sociétés qui ont introduit une demande.

Le compromis de la Commission

Pour débloquer la situation, la Commission a donc proposé un compromis. Les Etats acceptent la culture d'OGM sur le sol européen mais pourront ensuite le refuser sur leur territoire à titre individuel. Il faudra justifier cette interdiction nationale, expliquer que les conditions géologiques, le relief, le vent, les nappes phréatiques, etc. ne permettent pas une culture sans danger de ces OGM. Les états membres se sont déjà prononcés sur le texte. Mardi c'était aux députés chargés des questions d'environnement de le faire. Il y a quelques divergences de vue entre députés et états membres, les députés réclament notamment que des zones tampon soient installées le long des frontières pour éviter que des zones sans OGM ne soient contaminées par un voisin pro OGM.
Les négociations entre députés et Etats membres ont déjà commencé. L'idée pour les députés est bien de bétonner la possibilité pour un Etat de dire non aux OGM sur son territoire. Aujourd'hui, les quelques états qui ont refusé la culture du seul OGM autorisé en Europe se sont retrouvés devant la justice européenne.

Un combat de 4 ans

Marc Tarabella, Eurodéputé PS en charge de l’agriculture et de la Protection des consommateurs voit dans cette décision une évolution positive. "Un combat législatif long de 4 ans arrive enfin à son terme. Le Parlement européen a obtenu gain de cause: désormais, les États membres de l’Union européenne pourront décider s’ils autorisent ou non la culture d’organismes génétiquement modifiés sur leur sol."

Selon lui, les lobbies pro-OGM, menés par plusieurs multinationales et la Grande Bretagne n’ont finalement pas eu gain de cause.

"Pour dix études qui disent blanc, dix autres disent noir. Les autorités et les citoyens ont le droit de savoir afin de pouvoir faire leur choix."

"C’est pour cela que j’ai plaidé pour le renforcement de la méthode d’évaluation des risques par l’EFSA (agence européenne de sécurité alimentaire) et pour une transparence accrue de la procédure d’interdiction " explique encore Marc Tarabella.

RTBF avec le soutien de Euranet Plus, le réseau des radios européennes

 

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