Comment éviter la multiplication des naufrages mortels en Méditerranée?

Comment éviter la multiplication des naufrages mortels en Méditerranée?
Comment éviter la multiplication des naufrages mortels en Méditerranée? - © BELGAIMAGE

La question a été rajoutée à l'agenda des ministres européens de l'Intérieur et des Affaires Etrangères qui doivent se retrouver ce lundi à Luxembourg au lendemain de ce qui pourrait être le pire naufrage de migrants au large des côtes libyennes. Les ONG redoutent la disparition de 700 personnes. Une vingtaine a été secourue, une vingtaine de corps ont été repêchés.

"Si ce nombre de 700 était confirmé, ce serait la tragédie la plus meurtrière en Méditerranée. En octobre 2013, deux naufrages avaient fait 600 victimes au large de Lampedusa. On a eu aussi un naufrage il y a quelques jours dans lequel 400 personnes sont mortes. Si le nombre de 700 est confirmé, cela porterait le bilan estimé des disparus en mer depuis le début de l’année à 1 600", explique Frédérico Fossi, un des porte-paroles du Haut-Commissariat aux Réfugiés en Italie.

Quant à savoir pourquoi il y a tant de naufrages mortels cette année, il répond : "L’année dernière, la marine italienne était engagée dans ce qui a été appelé l’opération appelée Mare Nostrum, ce qui a représenté un immense effort. De très nombreux bateaux étaient déployés en Méditerranée. Malgré cela, il y a eu 3500 morts en mer en 2014. Cette année, aucune opération de recherche et de secours équivalente n’a été mise en place par l’Union européenne. C’est pourtant ce qu’on nous réclame. Il y a bien l’opération Triton mais elle est loin d’avoir la même ampleur".

Un renforcement de l'action Frontex

Pour le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, ce nouveau naufrage pose avant tout la question de l'action à mener en amont et cela passe par la nécessaire stabilisation de la Lybie, puisque c'est de là que partent la plupart des embarcations pour l'Italie.

Didier Reynders évoque aussi un nouveau renforcement de l'action de Frontex pour sauver les personnes qui tenteraient la traversée : "On a travaillé sur cette base. Cela n’a pas vraiment arrêté les problèmes que l’on connaît encore aujourd’hui. Il ne faut pas se tromper. Il y a un certain nombre de trafiquants d’êtres humains qui font miroiter probablement un espoir à des personnes qui sont totalement dans la misère ou dans la peur de leur situation sur leur propre territoire, et on les embarque sur des embarcations qui n’ont pas de sens pour traverser la Méditerranée. On sait qu’on est dans une période, en plus, de printemps arides où il y aura de plus en plus de tentatives. Depuis plusieurs jours, ça se vérifie au départ des côtes libyennes. On doit renforcer les opérations comme celles que Frontex réalise pour contrôler les frontières extérieures de l’Union. On doit certainement aussi tenter de vérifier les départs de Lybie. Donc, ça pose le problème d’une présence sur le sol libyen. Mais, malgré tous ces efforts, il faut aussi se poser la question de savoir quelle est la capacité d’accueil partout en Europe".

L'Union européenne sommée d'agir

L'Union européenne est sommée d'agir, notamment par les ONG. Médecins Sans Frontières et Amnesty International appellent Bruxelles à lancer d'urgence une grande opération de sauvetage à grande échelle en Méditerranée, comme l'a fait l'Italie en 2013.

"Le chemin a été montré par l’Italie lorsqu’elle a organisé l’opération Mare Nostrum qui a duré un an ; qui a sauvé des dizaines de milliers de vies, mais que l’Italie n’a pas pu poursuivre tout simplement à cause des règles internes à l’Union européenne qui font que, lorsqu’on accueille quelqu’un sur son territoire, on doit s’en occuper jusqu’au bout. Alors, évidemment, quand vous avez des centaines, des milliers de personnes qui débarquent chez vous et que tous les autres pays européens disent : 'Non, non, il est arrivé chez vous en premier, vous devez vous en occuper', on finit par abandonner la partie", dénonce Philippe Hensmans, directeur d'Amnesty international Belgique.

Appel de l'ONU pour un partage de la charge des réfugiés

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon partage sans doute également cette opinion puisqu'il a appelé ce dimanche la communauté internationale à partager la prise en charge des réfugiés.

 

RTBF

 

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