Chute du mur de Berlin: coup d'envoi des célébrations du 25e anniversaire

8000 ballons lumineux dessinent, sur une quinzaine de km, le tracé de l'ancien Mur
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8000 ballons lumineux dessinent, sur une quinzaine de km, le tracé de l'ancien Mur - © RTBF

Les députés du Bundestag ont donné vendredi le coup d'envoi des célébrations des 25 ans de l'ouverture du Mur, le 9 novembre 1989, qui culminera dimanche avec une grande "fête populaire" qui marquera cet événement historique, prélude à la Réunification allemande onze mois plus tard. Ce vendredi soir, quelque 8000 ballons lumineux dessinent sur une ligne de 15 kilomètres le tracé de l'ancien mur. Ils seront lâchés dimanche.

En début de soirée, le maire de Berlin, le social-démocrate Klaus Wowereit, a inauguré l'installation de près de 8000 ballons lumineux qui, sur une quinzaine de kilomètres, "symbolise (...) le tracé du Mur" qui a coupé Berlin en deux, a expliqué l'élu, avant d'allumer une section sur l'un des ponts de la Spree.

Lâchés dimanche soir dans le ciel au son de l'Hymne à la joie de Ludwig van Beethoven, hymne de l'Union européenne, ces ballons donneront ainsi "l'occasion de faire s'écrouler le Mur une seconde fois", a dit M. Wowereit, rendant hommage aux "personnes mortes simplement parce qu'elles voulaient franchir ce Mur" : "Ce 25e anniversaire est également un jour de souvenir pour les victimes du régime de la RDA".

Parallèlement, le Prix Nobel de la Paix Mikhaïl Gorbatchev, 83 ans, est en visite en Berlin où il est crédité d'un rôle majeur dans la Réunification allemande. "Nous devons méditer les leçons du passé", a-t-il déclaré au cours d'une visite à Checkpoint Charlie, l'un des points de contrôle emblématiques de la partition de la ville, entre secteurs américain et soviétique. 

Le dernier dirigeant de l'URSS, qui devait participer samedi à un débat sur le regain de tension récent entre l'Occident et la Russie, et s'entretenir lundi avec la chancelière Angela Merkel, a insisté sur l'importance des relations germano-russes : "aussi longtemps qu'elles sont bonnes, tout va bien, et pas seulement pour nos deux peuples", a-t-il dit. 

"Un jour historique"

Dans la matinée, les chefs des différents groupes parlementaires de la chambre basse du Parlement se sont succédés à la tribune avec des souvenirs personnels qui prenaient une dimension historique.

"Le Mur était devenu un monstre", une "frontière terrible" sur laquelle des "Allemands ont perdu la vie parce qu'ils voulaient une vie meilleure", a déclaré la sociale-démocrate (SPD) Iris Gleicke, la voix parfois altérée par l'émotion. "Le jour où le Mur est tombé" est un jour "historique" pour le peuple allemand, a déclaré de son côté l'élue conservatrice (CSU) Gerda Hasselfeldt, rappelant que cet événement s'était produit sans une goutte de sang ni sans "qu'aucun coup de feu ne soit tiré".

Une passe d'armes a opposé le chanteur et ancien dissident est-allemand Wolf Biermann, déchu de sa nationalité par la RDA en 1976, aux députés de Die Linke, un parti créé en 2007 par d'anciens communistes de RDA et des déçus du SPD. Apostrophé alors qu'il chantait, M. Biermann, 77 ans, a répliqué que cette formation n'était que "le reste misérable de ce qui a heureusement été dépassé".

Quelque deux millions de visiteurs, selon la presse allemande, sont attendus à Berlin ce week-end, en dépit d'une grève ferroviaire historique, prévue jusqu'à lundi.

Dimanche, c'est la Porte de Brandebourg, au cœur de la capitale, qui sera au coeur des célébrations baptisées "Le courage de la liberté".

Symbole de la partition puis de l'unité de la ville et de l'Allemagne, l'édifice surmonté du célèbre quadrige se trouvait à l'Est, longé par le Mur, dans un no man's land. L'orchestre de la Staatskapelle, sous la direction de l'Israélo-Argentin Daniel Barenboim, y donnera à la mi-journée le coup d'envoi de cette fête géante.

Des artistes contemporains prendront ensuite le relai avant un hommage vers 18h00 aux "victimes du Mur", mortes en tentant de franchir l'édifice. Leur nombre est incertain: dans toute l'ex-RDA, au moins 389 personnes ont péri en essayant de fuir, selon un chiffre officiel que les associations de victimes jugent sous-évalué.

Dans la soirée, d'autres artistes se produiront, dont le vétéran du rock allemand, Udo Lindenberg, auteur en 1983 de "Sonderzug nach Pankow" ("Train spécial pour Pankow", du nom d'un quartier de Berlin-Est), dans lequel il raille le dernier des dirigeants est-allemands, Erich Honecker, pour ne pas l'avoir autorisé à jouer en RDA. Le Britannique Peter Gabriel, ex-chanteur et fondateur du groupe Genesis, interprètera "Heroes", le tube enregistré en 1977 près du Mur par David Bowie, qui vivait à Berlin-Ouest.

Également conviés, d'anciens dissidents au régime communiste de l'ex-RDA évoqueront leurs souvenirs de la nuit du 9 novembre 1989. 

De son côté, Mme Merkel doit inaugurer dimanche matin la nouvelle exposition permanente du Mémorial du Mur et assister samedi soir à un concert dans la salle du Berliner Ensemble.

Angela Merkel, qui a grandi en RDA et habitait Berlin-Est en 1989, avait confié samedi dans son podcast hebdomadaire son "sentiment indescriptible", ce soir-là. "Je ne l'oublierai jamais"

"Mur de la honte" à l'Ouest, "protection antifasciste" à l'Est, l'édifice de plus de 150 km, avait été érigé en 1961 par la RDA. Victime de la perestroïka de Mikhaïl Gorbatchev, et sous la pression pacifique de centaines de milliers de manifestants, il cédera 28 ans plus tard, le 9 novembre 1989. 

Le 3 octobre 1990, la Réunification de l'Allemagne était officielle.

RTBF avec Belga

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