AFSCA: "Il faut que des contrôleurs soient plus pédagogues que gendarmes"

AFSCA: "Il faudrait que certains contrôleurs soient plus pédagogues que gendarmes"
AFSCA: "Il faudrait que certains contrôleurs soient plus pédagogues que gendarmes" - © Tous droits réservés

Il y a quelques jours, deux mille fromages de Herve au lait cru ont été placés sous saisie conservatoire par l'AFSCA (Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire) à Battice pour cause de listeria, une bactérie non-conforme aux normes européennes mais pourtant indispensable à la fabrication de ce fromage. Alors y-a-t-il encore de la place pour les petits producteurs en Europe? Marc Tarabella, eurodéputé PS et membre de la commission de l'agriculture au Parlement européen, ne remet pas en cause la décision de l'AFSCA mais reconnait qu'il y a peut-être un problème au niveau du comportement de certains contrôleurs.

Vent de révolte ces derniers jours à Herve, où un producteur de fromage au lait cru est en conflit ouvert avec l’AFSCA qui interdit un fromage à la vente parce qu’elle y a détecté des bactéries en appliquant les nouvelles normes européennes.

Or, ce producteur explique que si on applique ces normes il n’y aura plus de lait cru, plus de fromages de Herve et que tous les producteurs pourront fermer leur porte.

"Écrémage" des petits producteurs en Europe

"Il y a en Europe la place pour les petits producteurs, mais il faut en même temps veiller à la sécurité alimentaire des personnes. Ici, selon l’AFSCA , le petit producteur aurait commercialisé des fromages mis sous embargo à cause d’un taux de listeriose trop élevé", explique Marc Tarabella. "Or la listeria est une bactérie dangereuse pour les femmes enceintes et les personnes âgées quand elle est trop présente."

Le député européen souhaite donc d’un côté voir appliquer "le principe de la sécurité alimentaire et d’un autre côté, de pouvoir permettre aux petits producteurs qui se sont adaptés, qui ont fait beaucoup de progrès, de continuer à produire du fromage au lait cru."

Mais est-ce encore possible ? Dans une lettre ouverte, le petit producteur explique qu’avec ces normes européennes, les producteurs doivent respecter la tolérance zéro à ces bactéries: "Là il y a peut-être un problème", constate le député. "Je ne remets pas en cause l’AFSCA qui a toute sa raison d’être à éviter une crise alimentaire. D’un autre côté, il me revient que le comportement de certains contrôleurs est parfois tout à fait exagéré, certains vont plus loin que la norme (…) Il faudrait peut-être que certains contrôleurs soient plus pédagogues que gendarmes."

Contrôler les contrôleurs ?

"Il faudrait peut-être une meilleure formation, la formation ici est peut-être insuffisante. Une meilleure formation de manière à protéger les petits producteurs, à condition que ceux-ci respectent les normes de qualité prévues pour ne pas mettre en danger la sécurité et la santé des citoyens."

Mais est-ce le cadre et les décisions qui sont prises aujourd’hui à l'Europe ? Car les chiffres le montrent : il y a disparition progressive des petits producteurs au niveau européen. Marc Tarabella modère ce constat : "Au niveau européen, certains petits producteurs ont été favorisés." Et le député de prendre l'exemple de l’agriculture biologique "qui fait l’objet d’aides différenciées. Certains pays appliquent l’appellation d’origine contrôlée, comme l’Italie et la France qui sont certainement deux modèles dans le domaine. Chez nous aussi il faut favoriser ces petits producteurs par un étiquetage qui soit adapté à leurs besoins."

Le député est conscient d’une certaine résistance en Belgique mais "aujourd’hui, y a beaucoup de citoyens qui favorisent l’achat de proximité et ceux qui se lancent dans l’aventure le font avec beaucoup de succès." Marc Tarabella affirme que l’Europe veille à protéger ces petits producteurs mais il ne cache pas que "la pression est forte, notamment du côté de l’industrie qui a intérêt à ce que les normes soient beaucoup plus drastiques."

Migration en Méditerranée : "La résistance vient des Etats membres, pas de l'Europe"

La Commission européenne a proposé des quotas de migrants par pays pour équilibrer les choses entre les pays qui accueillent beaucoup et ceux qui accueillent très peu. Le Royaume-Uni a refusé d’entrée de jeu cette proposition et dimanche c’était au tour de la France de la refuser catégoriquement : "Je suis surpris par cette position française, car cette proposition de la Commission est exactement ce qu’on a fait en Belgique il y a quelques années. Or ici, on voit que la résistance ne vient pas de l’ Europe mais des Etats membres. Je suis peiné parce que l’Italie et la Grèce ne peuvent pas accueillir à elles deux toute la misère. J’espère que la Commission européenne va maintenir le cap."

Quant à la décision d’Elio di Rupo de ramener la pension à 65 ans au lieu de 67 actuellement si il est de retour au fédéral un jour, Marc Tarabella la soutient, expliquant que "la pension à 67 ans est une mesure clairement faite pour la Flandre."

A.G

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