Accès à l'eau potable: mieux "dans certains pays mais pas en Europe"

Des représentants de 170 pays participent à ce forum en Corée du Sud, le 7ème à être organisé depuis 1997. Quant à savoir si en 18 ans, la situation s'est améliorée, la réponse de Pablo Sanchez est directe : "Elle s'est améliorée dans certains pays mais surtout pas en Europe". Car pour lui, si on parle toujours de l'Afrique et de l'Asie, on omet "qu'on a plusieurs millions de personnes qui n'ont pas accès à l'eau potable en Europe et plus, on parle de dizaines de millions qui n'ont pas accès à l'assainissement. Et surtout, on n'a pas de chiffres en Europe car ce n'est pas considéré comme un problème !"

Pour lui, le problème, ce sont les multinationales qui "parlent de droit humain mais ne l'appliquent pas". Et de s'indigner : "En Espagne on coupe l'eau à des gens car ils ne peuvent plus payer" alors qu'à Murcia, "les riches arrosent leur golf".

"L'eau fait partie de la civilisation", dit-il, "on détruit le tissu social de cette société".

Pablo Sanchez milite pour que la gestion de l'eau soit reprise en main par les pouvoirs publics parce qu'"on ne veut pas payer les bénéfices sur quelque chose d'aussi essentiel que l'eau".

C'est le but d'une pétition signée, il y a un an, par quelque 2 millions de citoyens européens, demandant à la Commission européenne de proposer une législation faisant de l'accès à l'eau potable un droit humain fondamental. Aujourd'hui, elle est sur la table des discussions.

"Tant qu'on a une vision de profit sur l'eau, tant qu'il n'y a pas une gestion plus démocratique (...), on va droit dans le mur".

Rappelons encore qu'aujourd'hui 748 millions de personnes sont forcées de boire de l'eau qui n'est pas potable ; chaque année, 2,5 millions de personnes meurent dans le monde à cause de maladies liées à l'eau; et les plus jeunes sont les plus vulnérables. Selon Unicef, un millier d'enfants meurent chaque jour à cause de ce manque d'accès à l'eau potable.

C. Biourge

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