Vaccination : les syndicats de médecins restent critiques mais saluent néanmoins la participation des généralistes

Les deux syndicats francophones de médecins généralistes saluent la décision d’associer les généralistes à l’administration du vaccin anti-Covid-19 de Johnson & Johnson (Janssen). Une excellente nouvelle pour le GBO et l’Absym mais aussi… un goût de trop peu.

L’annonce est tombée ce jeudi après-midi à la Chambre des Représentants. Le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke répondait aux questions orales qui lui étaient posées dont l’une émanait de la députée PS Laurence Zanchetta sur le rôle de la médecine générale dans le dispositif de vaccination anti-Covid-19. Le ministre a alors précisé que les médecins joueraient un rôle dans la vaccination des doses Johnson & Johnson (Janssen).

Les médecins prêts depuis longtemps

Contrairement aux autres vaccins, celui de Johnson & Johnson ne requiert qu’une seule dose et les autorités comptent l’utiliser en particulier chez les personnes qui ne peuvent plus bouger de chez elles pour des raisons de santé comme les personnes grabataires. Les équipes mobiles de vaccination et les médecins généralistes pourraient l’administrer dans ce cas.

Le Groupement Belge des Omnipraticiens (GBO), le syndicat majoritaire chez les généralistes (70% des généralistes ayant participé aux élections sociales) se réjouit de l’annonce faite jeudi au parlement. Mais pour son président Paul De Munck, "La médecine générale est prête pour la vaccination anti-Covid-19 depuis longtemps. Malheureusement, cette option n’a pas été retenue par les autorités publiques qui lui ont préféré des centres de vaccination répartis dans tout le pays. Les médecins généralistes auraient pu aller chercher un nombre de doses, de seringues dans un centre, organiser x vaccinations sur la journée et le tour était joué."

2,8 millions de doses antigrippes en six semaines

Même analyse du deuxième syndicat de médecins, l’Absym, qui représente, lui, quelque 30% des médecins ayant voté lors des dernières élections sociales. "Les médecins généralistes ont vacciné 2,8 millions de personnes contre la grippe en six semaines l’hiver dernier. On est loin de ces chiffres avec la vaccination contre le coronavirus. Il est clair que les généralistes auraient pu jouer un rôle actif dans la vaccination contre le SARS-CoV-2".

Selon le dernier rapport de l’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS) en effet, "seulement" 1.236.430 personnes ont reçu au moins une dose à la date du 29 mars. Une vaccination nettement moins rapide que prévu en Belgique et partout dans l’Union européenne où le taux de vaccination, après l’administration des deux doses aux plus de 18 ans, est de 1,4% en Lettonie (le plus bas), de 4,76% en Belgique et de 11,4% à Malte (le plus élevé).


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Les généralistes ont la cote

Les médecins généralistes jouissent par ailleurs d’une dose de confiance importante de la part de leurs patients, ce que montrait encore récemment le baromètre réalisé par l’université de Gand, l’UCLouvain et l’ULB. L’étude s’intéressait à la confiance envers les acteurs de la pandémie. Et les généralistes arrivaient en tête, devant le personnel soignant, les experts et les pharmaciens.

"On remarque également", précise le président de l’Absym Philippe Devos, "qu’avec toutes les interrogations liées au vaccin AstraZeneca, les patients se sont tournés vers leur médecin traitant pour avoir une information fiable et un conseil. Les médecins ont donc expliqué les enjeux de la vaccination et les types de vaccin. Certains y ont consacré le tiers de leur temps de consultation. Il aurait été de bon sens qu’ils prennent quelques secondes de plus pour faire l’injection."

Le rôle des généralistes dans la vaccination

Si les médecins généralistes ne jouent pas un rôle central dans la vaccination anti-Covid-19, ils ne sont pas pour autant exclus du processus. Primo, ils jouent un rôle important dans la constitution des listes reprenant les patients à risque (dont la vaccination va débuter, parallèlement à celle des plus de 65 ans).


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Ensuite, ils peuvent également, à titre exceptionnel, aller vacciner un patient à domicile. Ils pourront participer aux équipes mobiles appelées à vacciner les personnes dans l’impossibilité de se rendre dans les centres de vaccination, même si les modalités pratiques ne sont pas encore claires. Enfin, les médecins généralistes sont représentés depuis peu dans le Risk Assessment Groupe (RAG) qui analyse le risque pour la population, sur la base de données épidémiologiques et scientifiques.

Permettre aux médecins généralistes de vacciner: QR du 03/03/2021

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