Vaccination des 18-65 ans avec comorbidités : "La pathologie n’est pas communiquée, uniquement des données administratives"

À partir de ce mois, la Belgique vaccine les patients les plus fragiles, ceux qui souffrent de "comorbidités". Comprenez, ceux qui ont une maladie qui les rend plus vulnérables face au Covid 19. Pour identifier cette partie de la population, ce sont les mutuelles et les médecins qui communiquent les coordonnées des patients à risque aux autorités. Leur nom, prénom et numéro national uniquement. La pathologie reste confidentielle.

"À partir d’aujourd’hui, le médecin généraliste est invité à envoyer la liste de ses patients à risque via son logiciel médical. Seront transmis uniquement les noms, prénoms et numéros nationaux de ces patients à la base de données des codes de vaccination." C’est une médecin généraliste qui l’explique. Audrey Bonnelance est membre de la task force vaccination dans le sous-groupe "vaccination des 18-65 ans". Elle était invitée ce vendredi matin sur La Première.


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Autre source pour identifier le million et demi de personnes qui entrent dans ce groupe à risque : les mutuelles. Elles se basent sur les médicaments consommés par leurs bénéficiaires. Mais là encore, ces informations ne sont pas transmises. "Jamais une pathologie n’est transmise, ce sont uniquement des données administratives, et si oui ou non ce patient fait partie, dans le groupe à risque, de faire une forme sévère de la Covid-19", explique la doctoresse.

Quant au moment même de la vaccination, c’est pareil. "En aucun cas un diagnostic ne sera révélé. Le secret médical sera totalement respecté", assure la médecin.

Maladies respiratoires, cardiovasculaires, diabète

Les maladies qui poussent les médecins et les mutuelles à inscrire leurs patients dans ce groupe à risque ont été décidées par les experts du groupe du Conseil supérieur de la santé. "Vous avez par exemple les maladies respiratoires ou cardiovasculaires chroniques, les patients obèses, les patients diabétiques de type 1 ou 2, les troubles neurologiques, des patients qui ont présenté des cancers et qui ont été diagnostiqués au cours des cinq dernières années ou qui sont hypertendus", explique la Dr Bonnelance.

"Pour le groupe 18-64 ans, vous voyez apparaître d’autres pathologies, comme les maladies rénales chroniques ou du foie, le syndrome de Down, les patients transplantés, les patients atteints de maladies HIV ou certaines maladies rares." Des pathologies qui, en cas d’infection, enverraient ces personnes en soins intensifs avec de possibles symptômes graves liés au Covid. Cette liste est reprise sur le site internet jemevaccine.be.

Sur la liste ? Attendez le 8 avril

Il faut attendre le 8 avril pour savoir si on se trouve sur cette liste de patients à risque. L’information, sera alors disponible sur masante.belgique.be. "Et là, vous aurez simplement accès à la réponse oui ou non, je suis sur la liste", selon Audrey Bonnelance. "Si vous n’avez pas accès à Internet, vous pouvez contacter votre médecin généraliste pour savoir si vous êtes bien inscrit après le 8 avril ou simplement patienter, attendre votre invitation et le contacter si vous n’avez pas d’invitation aux alentours que la fin du mois d’avril."

Bientôt des généralistes qui vaccinent

Mais plutôt que de devoir transmettre ces données, quand bien même sont-elles réduites, les médecins généralistes auraient préféré vacciner eux-mêmes. "Mes collègues des syndicats et du Collège de Médecine Générale l’ont déjà dit à de nombreuses reprises, nous avons demandé depuis le début d’être vraiment introduits au sein de la task force, et pas seulement dans ce groupe de travail, ce sous-groupe."

Pouvoir répondre au mieux aux questions

"Nous pensons être des personnes de terrain pour pouvoir répondre au mieux aux questions que les patients se posent et c’est quelque chose qu’on regrette, continue la doctoresse. On aurait aussi apprécié un système où on n’aurait pas dû être obligés de transmettre des listes, mais de garder le colloque singulier qu’on a avec nos patients."

Quand le vaccin de Johnson & Johnson sera disponible en Belgique, les médecins généralistes pourront l’administrer puisqu’il n’y a qu’une dose et moins de suivi. C’est en tout cas ce que confirme la médecin. "C’est quelque chose dont on parle, mais qui n’est pas encore officiel."

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