Vaccin contre la grippe : avant le 15 novembre, priorité aux groupes cibles

Vaccin contre la grippe : avant le 15 novembre, priorité aux groupes cibles
Vaccin contre la grippe : avant le 15 novembre, priorité aux groupes cibles - © EVA HAMBACH - AFP

Le coronavirus n’a pas quitté notre pays et il se pourrait qu’il soit toujours bien là quand la grippe fera son retour pendant la saison hivernale 2020-2021. Chez nous, rappelons que la grippe saisonnière tue environ 1500 personnes chaque année et qu’elle entraîne l’hospitalisation de nombreux patients présentant des complications.

Cette perspective incite à la prudence : le risque serait de voir un pic de Covid-19 coïncider avec l’épidémie de grippe, ce qui pourrait surcharger les hôpitaux. Cette année, plus que d’habitude, la vaccination contre la grippe est donc un enjeu stratégique pour la santé publique. Une date à retenir : le 15 novembre. C’est avant cette date que priorité sera donnée aux groupes cibles.

Qui sont les groupes cibles ?

Dans le contexte actuel de circulation du coronavirus, le Conseil supérieur de la Santé a déjà plaidé pour un renforcement de la vaccination pour toute une série de groupes cibles (ceux à risques de complications comme les femmes enceintes ou les patients présentant certaines affections chroniques, le personnel du secteur de la santé, etc). Voir la liste complète ici.

Il préconise aussi la vaccination des personnes de plus de 50 ans : "La vaccination de ces personnes devrait permettre d’éviter l’apparition d’un nombre important de cas mais sans modifier de manière importante l’occupation des lits d’hospitalisation (car peu de complications)", précise son avis. "L’intérêt résiderait dans une diminution de la charge de travail pour la première ligne".

Bref, vacciner davantage les groupes cibles identifiés par le Conseil Supérieur de la Santé, c’est soulager à la fois les médecins généralistes et les hôpitaux, et donc se mettre dans de meilleures conditions pour affronter un éventuel regain de Covid-19, pour lequel il n’existe toujours pas de vaccin.

Deux phases dans la délivrance du vaccin contre la grippe

Mais comment s’assurer que ces groupes cibles reçoivent bien en priorité le vaccin ? Il n’est en effet pas exclu que l’anxiété pousse davantage de Belges à se faire vacciner, sans correspondre pourtant aux priorités stratégiques. Les médecins généralistes et les pharmaciens ont attiré l’attention sur ce risque et l’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé s’apprête à apporter des précisions sur la procédure qui a été élaborée.

Thomas Orban, le président de la Société Scientifique de Médecine Générale, précise d’ores et déjà qu’il y aura deux phases dans la délivrance des vaccins, autour de la date du 15 novembre : "Avant le 15 novembre, on va délivrer les vaccins uniquement aux groupes cibles définis selon le Conseil Supérieur de la Santé, les autres ne pourront le recevoir qu’après le 15 novembre. La délivrance se fera sur base d’une ordonnance attestant de l’appartenance à un groupe cible."

Rien n’empêchera, précise-t-il, d’acheter le vaccin avant le 15 novembre et de se le faire administrer plus tard, sachant que la vaccination est préconisée entre la mi-octobre et la mi-décembre et qu’elle offre une protection dans les 10 à 15 jours suivant l’injection.

"Pour le Covid, il y a eu pas mal d’impréparation. Pour la grippe, on sait qu’elle arrive chaque année, il fallait au moins l’anticiper, se préparer et savoir comment on allait s’organiser cette année", souligne le médecin.

Voir le sujet JT sur les précautions face à la grippe cette année (29 août 2020) :

Le personnel soignant parmi les groupes prioritaires

Le personnel soignant fait habituellement partie des groupes cibles. Chaque année, en moyenne 45% du personnel des hôpitaux se fait vacciner, sur base volontaire (avec des chiffres très variables d’une structure à l’autre). Une précaution importante pour ne pas contaminer les patients, en particulier les plus fragiles. Cette année, plusieurs hôpitaux nous ont rapporté avoir commandé davantage de doses de vaccins. Les campagnes de sensibilisation vont s’intensifier auprès du personnel.

A l’Hôpital Erasme, par exemple, 50% de doses supplémentaires sont prévues. "C’est important pour qu’il n’ait pas la grippe mais surtout pour qu’il ne soit pas absent au travail parce qu’on risque d’avoir un afflux de personnes lié à l’épidémie de grippe et il suffit que l’épidémie de coronavirus soit importante également et conduise à de nombreuses hospitalisations pour que vraiment les hôpitaux soient surchargés", explique Frédérique Jacobs, la responsable de la Clinique des maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital. "Il faut du personnel pour assurer du soin de qualité à tout le monde. Il ne faut pas que le personnel soit malade. C’est un enjeu important tous les ans et cette année particulièrement".

Y aura-t-il assez de vaccins ?

2,9 millions de doses ont été commandées. L’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé ne nous a pas à ce stade confirmé combien seront effectivement disponibles. Mais au final, il n’y aurait que 100.000 doses de plus que l’année passée, comme pointé dans cet article. Cela permettra-t-il d’honorer toutes les commandes, si la demande augmente fortement dans les hôpitaux mais aussi dans les pharmacies, les entreprises, les maisons de repos ?

Il apparaît déjà que si toutes les personnes des groupes cibles souhaitent se faire vacciner, le nombre de doses pourrait être insuffisant, et cela malgré la priorité qui leur est donnée.

Un risque relativisé par l’infectiologue Yves Van Laethem dans le journal Le Soir (25 juillet) : "Habituellement, dans les groupes à risque, on a une couverture de 70% et à peine 30 à 50% dans le second groupe. Si l’on vaccinait 70% de toutes les personnes qui idéalement pourraient se faire vacciner, on arriverait donc à 2,8 millions", estimait-il.

A noter que les gestes protecteurs contre le Covid (comme se laver les mains) protègent également contre le virus de la grippe et d’autres virus. Ce qui pourrait potentiellement avoir un impact à la baisse sur l’ampleur de la prochaine épidémie de grippe saisonnière.

Voir le sujet JT sur l’impact sur les autres maladies (21 août 2020) :

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