Vaccin AstraZeneca : le Conseil supérieur de la Santé maintient sa position sur la poursuite de la vaccination en Belgique

Le Conseil supérieur de la Santé s’est réuni en urgence. Il confirme sa position alignée sur l’agence européenne des médicaments, de poursuivre la vaccination avec le vaccin AstraZeneca.

Une dizaine de pays ont suspendu ce vaccin par précaution, suite à des cas de thromboses, sans avoir pu établir de corrélation entre ces cas et le vaccin.


►►► Vaccin AstraZenaca : lors des tests cliniques, il y a eu plus de cas de présence de caillots sanguins dans le groupe contrôle (qui n’avait pas reçu ce vaccin)


Un avis faisant suite à une demande urgente émanant du Ministre de la Santé Frank Vandenbroucke et du Professeur Dirk Ramaekers Psident de la Taskforce opérationnelle. Celle-ci avait pour objet la continuation ou la suspension provisoire de l’administration du vaccin d’AstraZeneca-Oxford. Le groupe dexperts du NITAG belge au sein du CSS-HGR a donc été sollicité afin de répondre dans l’extrême urgence.

Une réponse binaire : oui ou non

Sur base de documents très récents, c'est-à-dire les textes de l’OMS, de l’EMA et d’AstraZeneca ainsi que l’avis de l’International society of thrombosis and hemostasis (ISTH) allant dans la même direction, les experts et intervenants du NITAG belge ont donc été consultés en extrême urgence afin de pouvoir délivrer une position commune du NITAG belge sur la continuation (ou la suspension) de la campagne de vaccination avec le vaccin d’AstraZeneca dans notre pays.

Afin de simplifier les choses, la question posée s’inscrivait dans une démarche de réponse binaire (oui ou non) et avec un délai de réponse fixé avant 13 heures ce lundi. Une question qui était in extenso celle-ci :

" Dans l’état actuel des connaissances, le NITAG belge estime qu’il n’y a pas de preuve d’une incidence augmentée de phénomène thromboembolique lié à l’administration du vaccin d’AstraZeneca, que le bénéfice de son emploi dépasse les risques éventuels et que le NITAG belge se rallie à l’avis en la matière de l’EMA, actuellement favorable à la continuation de son administration. Le NITAG insiste sur la nécessité de mettre en perspective, dans le contexte pandémique, ce rapport bénéfice /risque, de le comparer à celui des autres vaccins Covid-19 (entre autres sur les phénomènes thromboemboliques concomitants) mais aussi de mettre tout en œuvre pour éclaircir les doutes qui ont poussé certaines autorités à suspendre provisoirement l’administration de ce vaccin. Si l’EMA devait changer sa recommandation, le NITAG belge s’alignerait sur celle-ci."

Les réponses obtenues ce lundi 15 mars ont été les suivantes :

  • Aucune réponse négative
  • 13 réponses positives
  • Deux réponses en attente de plus amples informations (soit de l’EMA, soit des Autorités sanitaires norvégiennes).

Il convient de noter que compte tenu de la situation et de leur implication dans la procédure en cours, les intervenants de l’AFMPS-FAGG ont clairement fait savoir qu’ils ne participent pas aux débats.

Bien que basé sur un nombre très limité de personnes ayant eu la possibilité d’émettre un avis en raison des délais impartis, le NITAG confirme son alignement sur l’avis de l’EMA et donc sur la poursuite de l’emploi du vaccin d’AstraZeneca au vu des données dont il dispose ce lundi 15-03-2021 en matinée. Si l’EMA devait changer sa recommandation, le NITAG belge s’alignerait sur celle-ci.

L’intérêt de la vaccination dépasse largement les risques potentiels

Dans son document, le Conseil supérieur de la Santé rappelle que le Royaume-Uni, l’Allemagne (qui l'a interdit depuis), la France, l’Espagne ainsi que d’autres pays continuent actuellement de recommander l’administration de ce vaccin.

D’autre part, ce même Conseil souligne qu "Une suspension même provisoire de cette vaccination ne pourrait qu’avoir des effets néfastes sur la vaccination Covid-19 en général, les phénomènes thromboemboliques post-vaccinaux étant présents dans le même ordre de fréquence qu’avec le vaccin Pfizer selon les informations actuellement disponibles."

Pour rendre cet avis, les experts ont pu notamment se baser sur le fait qu’actuellement "aucune évidence ne prouve que ces phénomènes soient plus fréquents lors d’une vaccination avec AstraZeneca que dans une population non vaccinée : on s’attend en effet à + /- 150 cas sur 6 semaines dans une population de 5.5 millions de vaccinés en UE et il n’y a actuellement qu’une grosse trentaine de cas déclarés en comptant les cas belges."

En outre, l’OMS et l’EMA continuent à investiguer les données fournies mais s’accordent à dire qu’actuellement l’intérêt de la vaccination dépasse largement les risques potentiels et que les effets secondaires rapportés restent du même niveau que ceux attendus dans une population générale.

Le document de l'avis du Conseil supérieur de la Santé

Journal télévisé 12/03/2021

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