Coronavirus: Une prime pour le personnel des hôpitaux ? Pas une bonne idée pour la CNE

Une prime pour le personnel des hôpitaux? pas une bonne idée pour la CNE
Une prime pour le personnel des hôpitaux? pas une bonne idée pour la CNE - © LAURIE DIEFFEMBACQ - BELGA

Une prime de 1.450 euros pour les docteurs, infirmières et pharmaciens, et toutes les autres professions de soins dans les hôpitaux. Voilà la proposition de Maggie De Block. Cette "prime ­Covid-19" pourrait bénéficier, selon elle, à 10.000 personnes, c’est ce sur quoi table la ministre de la santé. C’est ce que rapporte De Tijd ce vendredi. Une proposition qui se trouve sur la table du gouvernement fédéral aux côtés d’autres mesures pour soutenir le travail dans les entreprises dites essentielles. Mais elle est loin de faire l’unanimité, que soit au sein du gouvernement et des 7 partis politiques qui soutiennent les pouvoirs spéciaux ou que ce soit parmi les acteurs de la santé.

Ainsi, le PS souhaite que la prime en discussion au gouvernement ne se limite pas au seul personnel soignant des hôpitaux mais à toutes les personnes qui continuent à travailler et à servir la population malgré l’épidémie de coronavirus.


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"Ce n’est pas une bonne idée"

Mais cette proposition ne fait pas l’unanimité. Pour Yves Hellendorff de la CNE, le syndicat chrétien des employés, une prime aussi ciblée sur le seul personnel soignant aura des effets néfastes sur des équipes pluridisciplinaires qui aujourd’hui travaillent de manière très soudée. Des brancardiers, du personnel d’entretien, des ambulanciers méritent cette prime tout autant. Tout comme le personnel des maisons de repos, dit-il, ou les institutions qui accueillent des personnes handicapées. "En ciblant certains, on dévalorise les autres, ce n’est pas une bonne idée".

Les acteurs de la santé regrettent le manque de concertation des autorités. "L’annonce a créé des tensions dans les hôpitaux dont on se serait bien passé en cette période", déclare Christophe Happe, directeur de la fédération Unessa, qui regroupe 300 structures actives dans les soins de santé et l’aide aux personnes. "Plutôt qu’un bonus, ce qu’on demande, c’est du matériel de protection".

Cette prime, qui ne serait réservée qu’à, certains, ne viendrait dès lors, selon lui, que "fragmenter un système de santé, qui représente un ensemble de métiers sur le front sans relâche". Sans compter, explique encore Christophe Happe que par ailleurs la Belgique compte bien plus que 10.000 soignants, comme l’a estimé le gouvernement.

La Fédération nationale des Infirmières de Belgique (FNIB) a, elle, adressé une lettre ouverte au gouvernement dans laquelle elle demande de reconnaître la profession comme métier pénible. "Vous libérez une prime "coronavirus 19" c’est un début, mais il faut maintenant concrètement et sur un long terme reconnaître la pénibilité et dangerosité de notre profession infirmière".

 

Extrait de notre 19h30: